PLUS UN ENFANT CONNAIT SA MÈRE, PLUS IL L'AIME



Quand tout se fait petit, femmes vous restez grandes
(Victor Hugo)


« Enfin nous arrivâmes et je revis ma Mère ! Tous les sentiments qui m'agitaient s'évanouirent pour faire place à un seul. Je ne ferai point à mes lecteurs l'injure de le leur peindre ; car en peut-il être un seul qui ne l'ait pas ressenti ? Peut-être on me dira, sans se donner le temps de réfléchir, que l'enfant assez infortuné pour perdre sa mère au moment de sa naissance, ou peu de temps après, doit avoir ignoré ce sentiment. A cela, je réponds que cet enfant l'aura porté sur sa nourrice ; et que, parvenu à un âge de raison, le nom seul de « mère » a suffi pour le faire naître dans son cœur, en le rendant plus vif par la privation même de son objet. » (Antoine Fabre d'Olivet, Mes souvenirs)


« Mère », pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font


« Sublimez les intelligences, élevez les cœurs, confondez les négateurs et les impies, haussez le niveau moral des foules jusqu'à la perception du Mystère en ouvrant leurs yeux à l'harmonie des Formes et à l'esthétique du Nombre, afin que tous puissent participer à la communion de l'infini ; purifiez surtout le monde des trivialités, des vulgarités et des laideurs qui l'envahissent de toutes parts et nous offusquent à chaque pas dans la vie, et faites que l'humanité toute entière devienne semblable aux privilégiés de Votre amour, à ceux qui, ayant vu plus loin que le formel, ont ressenti sur terre le prélude de la béatitude éternelle. Ainsi soit-il. » (Extrait de l'oraison ésotérique d'E. Grillot de Givry adressée à Marie)


« Il y a une semaine j'ai voulu m'arrêter sur un rond-point, d'abord par curiosité. En arrivant, j'ai d'abord été étonnée de voir de nombreuses jeunes femmes. Très courageuses. Extrêmement dignes. Elles m'ont immédiatement accueillie. Elles n'avaient rien mais ont voulu m'offrir un thé. J'ai répondu instinctivement que le pays devait être dirigé par des mères de famille. (...) Le temps est venu de l'avènement de la mère de famille. Elle sait tout faire. A des solutions pour tout. (...) La mère de famille fait du bien. Elle enveloppe. Elle rassure. Elle protège. Nous devons donner les clefs de la France à une mère de famille, c'est une évidence.
« Ces filles m'ont fait pleurer. De joie. Je me suis sentie aussi bouleversée que face au grand tout. J'étais devant le logos. L'immensité. Comme j'étais très émue en les écoutant me raconter les nuits sur les ronds-points, les enfants qu'il fallait faire garder sans devoir payer, les trois repas par jour qui se transformèrent en un seul, elles trouvèrent le temps et l'énergie pour me prendre dans leurs bras. Ces femmes m'ont en plus fait un câlin. Comme ça, gratos. Je veux qu'elles soient immédiatement ministres. Sinon moi aussi je vais être capable du pire. » (Zoé Sagan, Kétamine)


Le « ménage » des Abeilles...
Après la fécondation des reines, si le ciel reste clair et l'air chaud, si le pollen et le nectar abondent dans les fleurs, les ouvrières, par une sorte d'indulgence oublieuse, ou peut-être par une prévoyance excessive, tolèrent quelques temps encore la présence importune et ruineuse des mâles. Ceux-ci se conduisent dans la ruche comme les prétendants de Pénélope dans la maison d'Ulysse. Ils y mènent, en faisant carrousse et chère lie, une oisive existence d'amants honoraires, prodigues et indélicats : satisfaits, ventrus, encombrant les allées, obstruant les passages, embarrassant le travail, bousculant, bousculés, ahuris, importants, tout gonflés d'un mépris étourdi et sans malice, mais méprisés avec intelligence et arrière-pensée, inconscients de l'exaspération qui s'accumule et du destin qui les attend. Ils choisissent pour y sommeiller à l'aise le coin le plus tiède de la demeure, se lèvent nonchalamment pour aller humer à même les cellules ouvertes le miel le plus parfumé, et souillent de leurs excréments les rayons qu'ils fréquentent. Les patientes ouvrières regardent l'avenir et réparent les dégâts, en silence. De midi à trois heures, quand la campagne bleuie tremble de lassitude heureuse sous le regard invincible d'un soleil de juillet ou d'août, ils paraissent sur le seuil. Ils font un bruit terrible, écartent les sentinelles, renversent les ventileuses, culbutent les ouvrières qui reviennent chargées de leur humble butin. Ils ont l'allure affairée, extravagante et intolérante de dieux indispensables qui sortent en tumulte vers quelque grand dessein ignoré du vulgaire. Ils affrontent l'espace, glorieux, irrésistible, et ils vont tranquillement se poser sur les fleurs les plus voisines où ils s'endorment jusqu'à ce que la fraîcheur de l'après-midi les réveillent. Alors ils regagnent la ruche dans le même tourbillon impérieux, et, toujours débordant du même grand dessein intransigeant, ils courent aux celliers, plongent la tête jusqu'au cou dans les cuves de miel, s'enflent comme des amphores pour réparer leurs forces épuisées, et regagnent à pas alourdis le bon sommeil sans rêve et sans soucis qui les recueille jusqu'au prochain repas.
Mais la patience des abeilles n'est pas égale à celle des hommes. Un matin, un mot d'ordre attendu circule par la ruche. On ne sait qui le donne ; il émane tout à coup de l'indignation froide et raisonnée des travailleuses, et selon le génie de la république unanime, aussitôt prononcé, il emplit tous les cœurs. Une partie du peuple renonce au butinage pour se consacrer aujourd'hui à l'œuvre de justice. Les gros oisifs endormis en grappes insoucieuses sur les murailles mellifères sont brusquement tirés de leur sommeil par une armée de vierges irritées. Ils se réveillent, béats et incertains, ils n'en croient par leurs yeux, et leur étonnement a peine à se faire jour à travers leur paresse comme un rayon de lune à travers l'eau d'un marécage. Ils s'imaginent qu'ils sont victimes d'une erreur, regardent autour d'eux avec stupéfaction, et, l'idée-mère de leur vie se ranimant d'abord en leurs cerveaux épais, ils font un pas vers les cuves à miel pour s'y réconforter. Mais il n'est plus, le temps du miel de mai, du vin-fleur des tilleuls, de la franche ambroisie de la sauge, du serpolet, du trèfle blanc, des marjolaines. Avant qu'il se soit rendu compte de l'effondrement inouï de tout son destin plantureux, dans le bouleversement des lois heureuses de la cité, chacun des parasites effarés est assailli par trois ou quatre justicières...
(M. Maeterlinck)

(Savitri Devi)
L’homme qui règne aujourd’hui c’est l’homme-insecte. Innombrable, et de plus en plus uniforme, banal, malgré toutes les contorsions qu’il peut faire, individuellement, pour se donner l’air « original », et se croire tel ; irrésistible par la seule poussée de son pullulement sans limites, il prend possession de la terre aux dépens de tous les êtres qui ont relativement peu changé, alors qu’il se dégradait, lui, de plus en plus rapidement au cours de ce cycle, et particulièrement au cours de l’Age ténébreux.
C'est quand tout semblera perdu que tout sera sauvé
C'est par le canal du roman que le Troisième Règne l'emportera... Mais ce que Raymond Abellio appelle le « troisième règne », le règne de la « femme ultime », sera, dans les abîmes, le Règne de la Quatrième et de sa Couronne de Feu, le Règne de la « Coronation Cosmique » de Marie et de ses Envoyées de Feu. À l’heure de l’obscurité et du désespoir sans heure, le feu secret du grand solstice cosmique de la fin reprend et allume l’incendie indo-européen dont, en d’autres temps, aux débuts du cycle actuellement presque déjà révolu, la volonté d’être, de civilisation et d’espace avait tracé les runes cosmogoniques de garde et les chemins en avant pour dix millénaires d’histoire et de trans-histoire.
(J. Parvulesco)
C'est l'Esprit qui prend le pouvoir et ce pouvoir est Esprit.
(R. Abellio)
Quelle que soient les prophéties, la fin du monde n'est qu'une anecdote dans une histoire que nous verrons un jour de haut, repus de vérités, en nous donnant la main.
(H. Monteilhet)



L'homme, jusqu'ici, est naturellement bas. Il l'a toujours été, ce qui ne veut pas dire qu'il le sera toujours. Il est difficile de trouver une force ou une idée qui le contraigne à regarder plus haut que ses pieds. Le chien aussi n'a que des idées basses, mais il a l'amour de son maître qui lui fait quitter le ruisseau boueux et la borne malodorante et l'oblige à lever les yeux. L'homme avait l'amour de son Dieu, mais il n'a plus de Dieu, ou plutôt son Dieu n'a plus de nom. Il faut lui en rendre un. Ce n'est pas impossible, car le chercher c'est presque le trouver.

À Soror Vestigia Nulla Restrorsum...

La lutte du Bien et du Mal, c'est-à-dire de l’Esprit dans la femme et de la Force dans l’homme, dure depuis la jeunesse de l'humanité.
Depuis plusieurs milliers d’années le monde lutte, l'humanité souffre, le Mal règne et grandit, le Bien est vaincu et s'affaiblit ; le Droit est sacrifié à la Force.
Mais cet état de choses ne doit pas toujours durer. La progression dans le mal a un terme fatal ; le terme même de la vie, puisque l'invasion du mal, dans l’homme, détruit peu à peu son existence ; l'invasion du mal dans les sociétés détruit peu à peu les sociétés : par la guerre, par le meurtre, par le suicide, par l'assassinat, par la misère, par la stérilité voulue de la femme.
Il faut donc que le Mal ait un terme ou, sinon, que l'humanité disparaisse.
Ce terme c'est la Rédemption.
C'est le renversement de la marche actuelle des choses.
C'est le triomphe de l'Esprit sur la Force, ramenant l'humanité dans la voie du Bien, la voie de l'Evolution progressive.
Ce grand événement qui doit, tout d'un coup, renverser l'œuvre de destruction du passé, a été prévu et annoncé depuis longtemps. C'est ce redressement, dont parle René Guénon, ce « renversement des pôles » qui doit s'opérer lorsque « le point le plus bas aura été atteint » ; « et c'est là, pourrait-on dire en se référant au sens cosmologique du symbolisme biblique, la revanche finale d'Abel sur Caïn. » (R. Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps).
L’antiquité a aperçu ce grand évènement comme un phare brillant dans un avenir lointain, et ce n'est pas là une vision surnaturelle, la marche forcée des choses devait amener ce résultat. Il pouvait même être calculé avec une précision mathématique.
Pendant que l'évolution masculine entraînait l’humanité dans les abîmes, l'évolution féminine l'élevait sur des hauteurs qui devaient, un jour, ouvrir un horizon nouveau à la pensée humaine : Das Ewig-Weibliche zieht uns hinan  (L'éternel féminin nous entraine vers le haut, Goethe, Faust).
Nous sommes arrivés à ce terme fatal. Le Mal a pris des proportions telles dans le monde, qu'il ne semble pas qu'il puisse progresser encore sans briser tous les rouages de l'organisme physiologique et moral de l'humanité.
Le vol est dans les lois, dans les administrations, dans le commerce, dans les mœurs, le crime est de tous côtés autour de nous, l’injustice est partout, l'hypocrisie triomphe, la débauche de l'homme, qui est la cause de tous ces maux, est dans tous, ou presque tous, elle commence avec l'enfant et ne s'arrête qu'à l'impuissance...
Mais, pendant que le Mal est arrivé à ces proportions effrayantes par l’œuvre de l'homme, le Bien a progressé dans la même mesure par l'œuvre de la femme.
Chaque génération apportant à l'Esprit de celles qui naissent un progrès acquis dans la vie de ses aïeules.
Cette marche ascendante vers la lumière était appelée à produire, à un moment donné, une magnifique éclosion de toutes les vérités, un épanouissement soudain de toutes les grandeurs morales, le triomphe définitif de la Science, la renaissance du Droit, la reconstitution de la Société.
Lady Caithness, duchesse de Medina Pomar, dans son ouvrage « Le Secret du Nouveau Testament », écrit : « Cette éclosion du principe féminin, qui travaille sourdement le monde, et qui est, en vérité, la venue du règne du Saint-Esprit, implique nécessairement une immense révolution morale et sociale, qui remplacera l'idéal de la force et de la puissance par celui de la douceur et de la bonté. Révolution infiniment plus grande que le Christianisme, car le Christianisme a dévié immédiatement de sa voie première, et, sous l'influence du principe masculin, est devenu promptement un instrument de pouvoir et de politique. »

La femme reprendra sa place au sommet de l'Evolution humaine. En sortant de sa captivité intellectuelle, en brisant ses chaînes, elle montrera à l'homme ce qu’il est. C’est pour cela que la Fable lui met en main un miroir.
L'homme méchant, qui sera vaincu dans cette lutte suprême, a toujours été représenté, à ses pieds, dans l'attitude de la rage, de la honte et du dépit. Toute son hypocrisie passée sera démasquée, il n'y aura plus de lutte possible.
Cette Rédemption de l'homme par la femme a été pressentie et annoncée par une multitude d’esprits clairvoyants.
Une femme remarquable, Marie de Flavigny, Comtesse d’Agoult exhorte la femme à prendre, enfin, en main la grande tâche que l’Evolution humaine et sociale lui impose. Ecoutez-la :
« Il me déplait que les femmes pleurent si abondamment. Elles sont victimes de quoi ? De leur ignorance qui les rend aveugles, de leur oisiveté qui les livre à l’ennui, de leur faiblesse qui les retient captives, de leur frivolité qui leur fait accepter toutes les humiliations pour une parure, de cette petitesse d’esprit surtout, qui borne leur activité aux intrigues galantes et aux tracas domestiques.
« Pleurez moins, mes chères contemporaines, la vertu ne se nourrit point de larmes, quittez ces gestes, ces attitudes et ces accents de suppliantes, redressez-vous et marchez, marchez d’un pas ferme vers la Vérité, osez, une fois, la regarder en face, et vous aurez honte de vos gémissements, vous comprendrez que la Nature ne veut point de votre immolation stérile, mais qu’elle convie tous ses enfants à une libre expansion de la vie. Prenez votre part de la science, un peu amère et du travail compliqué de ce siècle, la société qui se transforme a besoin de votre concours.
« Méditez, pensez, agissez et bientôt le temps vous manquera pour plaindre vos maux chimériques et accuser les prétendues injustices du sort, qui ne sont autres que les justes châtiments de vos ignorances volontaires. »

Les hommes eux-mêmes ont entrevu ce dernier cycle de la vie de l’humanité.
« Je crois à l'avènement de la « femme ultime », écrit Raymond Abellio dans Visages Immobiles. Le troisième règne devrait être le sien. »
En 1896, dans La Revue des Femmes russes, un auteur, M. Kousnetzoff, de Saint-Petersbourg, soulevant le voile qui cache la Vérité, dit :
« L'Eve antique a poussé l'homme inerte dans la sphère du savoir ; c'est à l'Eve moderne d'achever la grande mission de son ancêtre, qui est de créer la renaissance morale de l'homme en le faisant participer à la réorganisation de la société sur les principes de l'amour tout-puissant. Et il y aura alors un nouveau ciel et une terre nouvelle, dans lesquels régnera la Vérité. Les peuples briseront leurs glaives pour en faire des charrues ; la guerre disparaîtra, l'humanité ayant atteint l'unité dans la foi par la conscience de la Vérité. »
Prosper Enfantin, le Saint-Simonien, a dit ces mots, que l’on a gravé sur sa tombe : « L’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir. »
Un auteur anonyme qui signe M.-E.-G., a publié en 1874, un livre intitulé : « Retour du Christ » (avec une préface d’Alexandre Dumas), dans lequel il développe la même idée : « La Rédemption par la femme ».
« Si Satyagraha doit être le mode de l'avenir, dit Gandhi, alors l'avenir appartient aux femmes. »
Citons encore ces vers de Louis Aragon :

« L'avenir de l'homme est la femme 
Elle est la couleur de son Âme 
Elle est sa rumeur et son bruit 
Et sans Elle, il n'est qu'un blasphème. »
(Zadjal de l'avenir, Le Fou d'Elsa, poème - 1963)

Enfin, si tous n’ont pas aperçu l’œuvre de régénération morale et sociale qui devait s’accomplir par la femme, à peu près tous les penseurs ont compris que l’œuvre de l’homme s’effondre, qu’elle est minée de toutes parts, et ne peut plus être relevée par l’homme seul.

Un prêtre, auteur d’un beau livre : « La Lettre tue », a fait une admirable peinture de cet effondrement :
« Une formidable épreuve se prépare pour l’humanité, dit-il. De toutes parts, la croyance à la révélation s’écroule. Jusqu’à ce jour, quand on demandait où est la Vérité, on pouvait répondre : elle est ici, dans ce livre écrit sous l’inspiration de celui qui ne peut ni tromper, ni se tromper ; et l’homme ouvrait les Lois de Manou, le Zend-Avesta, la Bible, le Coran ou l’Evangile, et pour sa foi religieuse, il trouvait une base ferme, inébranlable, positive, visible. Point de doute, car ceci est la parole de Dieu : « Hic est véritas ».
« Cet appui solide, qui donnait aux générations d’autrefois, la force, parce qu’elle leur donnait la conviction, est miné sans relâche. La science, non au service de la haine et de l’incrédulité, mais la science froide, impartiale, abat chaque jour quelque grande ruine du passé. Ecoutez : en Allemagne, en Angleterre, en Amérique, en Hollande, en Belgique, en France, aux quatre coins de l’horizon, n’entendez-vous pas le bruit sourd de quelque chose qui tombe ? C’est la chute du grand temple de la foi antique, dont les débris encombrent au loin le sol. La Vérité n’y réside plus, dit-on. Elle n’y a jamais résidé ; ce n’était que son reflet. Désormais qui veut la saisir doit la chercher dans sa raison, écho affaibli de la raison éternelle. L’autorité, si commode, d’un texte ou d’un homme infaillible nous échappe sans retour. Nous voilà seuls en face de l’infini.
« Nous sommes au bord d’une époque pleine de mystères ; un courant irrésistible nous y entraîne. Quelle étoile guidera notre course, quelle force nous poussera vers le port ? N’y a-t-il devant nous que doute, négation, ironie, désespoir ? C’en est-il fait des vertus du foyer domestique, des vertus plus fières du croyant et du citoyen ? Plus rien que l’âpre recherche des plaisirs, la soif de l’or, l’égoïsme, la brutalité, la fraude, nul rayon, nulle lueur. Le froid, la mort, vont-ils tout envahir ? Eh bien ! Oui, si entre la foi du passé et le matérialisme, il n'y a pas de milieu, alors tout est fini, dans le monde moral va s'accomplir le rêve de Byron : Darkness, L'empire des ténèbres commence. »
Cela est si vrai que, voyant leurs dogmes tomber et ne comprenant pas qu'en dehors d'eux la religion puisse durer, les ministres des différents cultes croient la plupart que la fin des temps approche et que l’univers actuel va se dissoudre au milieu des convulsions sociales et cosmiques prédites par l’Apocalypse.
« Notre grand Arago, s'écrie Quinet, soutenait que la vie physique de ce globe peut finir et s'arrêter faute d'air respirable.
« Et le monde moral, et la vie des intelligences, qu'en dirons-nous ? Ne la voyons-nous pas s'évanouir faute d'air et périr d'étouffement ? »

Oui, les convulsions sociales prédites par l'Apocalypse vont devenir une réalité. Mais ce n'est pas une révolution, c'est une Évolution pacifique qui va changer le monde.
Cela ne viendra ni de la politique des vieux gouvernements, ni de la violence des anarchistes et extrémistes, ni de la science des « Darwinistes », mais d'une force plus puissante que toutes celles-là : de la parole de Vérité qui secoue et ranime les esprits, de la parole de la Femme qui fait vibrer la conscience des hommes.

Ceux qui seraient tentés de céder au découragement doivent penser que rien de ce qui est accompli dans l'ordre spirituel ne peut jamais être perdu, que le désordre, l’erreur et l’obscurité ne peuvent l’emporter qu’en apparence et d’une façon toute momentanée, que tous les déséquilibres partiels et transitoires doivent nécessairement concourir au grand équilibre total, et que rien ne saurait prévaloir finalement contre la puissance de la vérité.
Et Marcel Clavelle de préciser dans un article du Voile d'Isis : « Rappelons que certains « voyageurs » sont des serviteurs de l'adversaire ; ils préparent eux aussi des « supports »... pour les forces d'en-bas. Nous n'en nommerons aucun, mais tout le monde en connait, du moins de nom ; ils sont derrière les grandes puissances financières, derrière les partis politiques ; ils fondent des sociétés secrètes ; ils suscitent des guerres, fomentent des révolutions « pour libérer les peuples », et l'humanité paie cher les prétendus services qu'ils lui rendent... mais l'or les protège, ...l'or, la pourriture de la terre, comme disent les orientaux... Et entre ces « sombres voyageurs » nombreux, puissants et les envoyés de la « Citadelle Solaire », pauvres et si rares, l'invisible lutte est plus acharnée que jamais, mais l'issue en est certaine car, en dépit des apparences, « il n'y a pas de droits supérieurs à ceux de la Vérité ». ».
Tôt ou tard la Vérité prend sa revanche, on a beau manœuvrer dans l'ombre, on n'empêche pas la lumière de luire. Tous les efforts hostiles se briseront finalement contre la seule force de la vérité, comme les nuages se dissipent devant le soleil, même s’ils sont parvenus à l’obscurcir momentanément à nos regards.
L'éternelle lutte de la science contre l'ignorance est le suprême effort des temps présents.
La science féconde va instaurer d'une manière grandiose et définitive la doctrine de nos antiques Mères et former une puissante synthèse philosophique qui unira les frères et les sœurs épars sur toute la surface terrestre ; ce sera un cycle nouveau qui dépassera la démocratie et la remplacera par une aristocratie de l'Esprit.
C'est notre génération qui doit vaincre le mauvais esprit que la dégénérescence des peuples a introduit dans nos anciennes nations, c'est le devoir de la France, c'est sa mission.
Mais la France s'est divisée parce que les races qui l'ont occupée dans le courant de son histoire avaient des atavismes divers.
« Français divisés, pardonnez-vous de toute votre âme ! » sont les derniers mots de Jehanne d'Arc marchant au supplice...
Il a fallu la longue occupation romaine, puis l'invasion du Franc et l'introduction par lui de la loi salique, il a fallu vingt siècles d'oppression et de servitude « latines » pour nous faire oublier les traditions glorieuses de nos aïeux.
Cependant, c'est de la France qu'on attend la lumière nouvelle qui recommencera une civilisation.
« La France est pour la Paix, il lui faut la paix. La France, pour renaître vraiment, pour se refaire et pour s'étendre, au sens le plus noble du terme, il lui faut la Paix. Par conséquent, la France cherche la paix, cultive la paix, aide la paix, partout. » (Charles de Gaulle)

Dans son ouvrage sur Jehanne d'Arc, Léon Denis écrit ceci : « Sachez-le : une révolution plus grande que toutes celles qui se sont accomplies dans le monde est commencée, révolution pacifique et régénératrice ; elle arrachera les sociétés humaines aux routines et aux ornières, et élèvera le regard de l'homme vers les destinées splendides qui l'attendent.
« Les grandes âmes qui ont vécu ici-bas reparaissent ; leurs voix retentissent ; elles exhortent l'homme à se hâter dans sa marche. Et l'âme de Jeanne est une des plus puissantes, dans la foule de celles qui agissent sur le monde, qui travaillent à préparer une ère nouvelle pour l'humanité. C'est pour cela que la vérité s'est faite à cette heure précise, sur le caractère de Jeanne et sur sa mission. Et par elle, par son appui, avec l'aide des grands Esprits qui ont aimé, servi la France et l'humanité, les espérances de ceux qui veulent le bien et cherchent la justice s'accompliront.
« La légion radieuse de ces Esprits, dont les noms marquent, comme des foyers de lumière, les étapes de l'histoire, les grands initiés du passé, les prophètes de tous les peuples, les messagers de vérité, tous ceux qui ont fait l'humanité avec des siècles de travail, de méditation, de sacrifice : tous sont à l'œuvre. Et au-dessus d'eux, Jeanne elle-même, Jeanne nous conviant au labeur, à l'effort. Tous nous crient : Debout ! non plus pour le choc des épées, mais pour les luttes fécondes de la pensée. Debout ! pour la lutte contre une invasion plus redoutable que celle de l'étranger, la lutte contre le matérialisme, le sensualisme et toutes leurs conséquences : l'abus des jouissances, la ruine de tout idéal ; contre tout ce qui, lentement, nous déprime, nous énerve, nous affaiblit, nous prépare à l'abaissement, à la chute. Debout ! travaillez et luttez pour le salut intellectuel et le relèvement de notre race et de l'humanité ! »

Les grandes Femmes qui ont plané au-dessus des sociétés humaines et les ont guidées à travers les vicissitudes et les orages vers la Vérité ont toujours été le mystérieux levain qui de temps en temps soulevait les âmes.
Nous avons restauré sur un plan élargi les croyances de nos aïeules et en avons fait un nouvel esprit religieux que la nouvelle France va instaurer quand elle sera réveillée du cauchemar.
Alors, la grande victoire spirituelle, incarnée dans la femme future fera renaître la tradition historique et rendra au territoire que nous occupons sa glorieuse suprématie ; elle fera cesser à tout jamais les luttes, elle purifiera la Terre de l'imposture qui en a été le point de départ. Et cet événement providentiel s'accomplira le jour marqué par la destinée suprême des Etats. C'est fatal.
Ce sera la plus grande révolution morale qui se sera produite depuis trente siècles. En ramenant les esprits vers la grande vérité traditionnelle, on rétablira le seul idéal qui puisse régénérer le monde : Le Bonheur dans la Vérité.

La Vérité et l'Amour triomphent de tout
 
Concluons ce long fil d'articles en empruntant, à nouveau, ce court extrait à l'ouvrage de Marie de Flavigny, Comtesse d'Agoult, « Esquisses morales » :
« La maternité est une révolution dans l'existence de la femme, et c'est le propre des révolutions de susciter toutes les puissances de la vie. Il faudrait supposer une bien complète déchéance pour qu'en cette crise douloureuse de la nature créatrice la femme ne sentit pas l'enthousiasme du dévouement palpiter dans son sein. Le premier vagissement de son enfant est l'oracle qui lui révèle sa propre grandeur ; et le fer qui détache de ses flancs une créature immortelle en qui elle se voit revivre la détache du même coup des puérilités et des égoïsmes de sa jeunesse solitaire. Cette rude étreinte des forces génératrices, ce labeur étrange imposé à sa faiblesse, ces espérances, ces angoisses, ces effrois inouïs qui l'oppressent, l'exaltent, et éclatent en un même gémissement ; puis cette convulsion dernière à laquelle succède aussitôt le calme auguste de la nature rentrée dans sa paix après avoir accompli son œuvre suprême, tout cela n'est point, comme on l'a dit, le châtiment ou le signe de l'infériorité de tout un sexe. Loin de là ; cette participation plus intime aux opérations de la nature, ce tressaillement de la vie dans ses entrailles, sont pour la femme une initiation supérieure qui la met face à face avec la vérité divine dont l'homme n'approche que par de longs circuits, à l'aide des appareils compliqués et des disciplines arides de la science. »


« La beauté sauve le monde »
(Vladimir Soloviev)




Plus un enfant connait sa Mère, plus il l'Aime.
(Son sourire mystérieux est une promesse de bonheur)




Patiens    quia    Æterna






安 稳
فيليب