COSMOGONIE

« Amor che move il sole e l'altre stelle »
« Amour fait mouvoir le soleil et les autres astres » 
( Dante Alighieri - La Divine Comédie )


PRÉAMBULE
Ce mot Cosmogonie indique qu'il s'agit de la première Science faite par la Femme, puisque gonie (ou gunia) signifie Femme. C'est le Cosmos expliqué par la Déesse.
Nul doute que la Cosmogonie fut entièrement faite pendant le régime gynécocratique, elle avait un caractère féminin indéniable et les noms des déesses qui firent cette Science, tels Uranie, Istar ou Astarté, etc., sont restés des dénominations astronomiques.
Du reste, toute la tradition antique nous montre les Muses expliquant les lois de l'Univers. C'est la première révélation faite aux hommes.
On sait aujourd'hui qu'une Science grandiose a régné dans les temps primitifs, puis a été persécutée et détruite dans les époques suivantes. Ce seul fait prouve qu'elle fut faite par des Femmes. Pourquoi les hommes l'auraient-ils supprimée, si elle avait été faite par eux ? Et pourquoi, par la suite, l'ont-ils remplacée par tant d'erreurs, au lieu de la refaire dans sa splendeur première ?
Dans tous les Livres sacrés, on expliquait la Cosmogonie, l'origine de la vie, l'histoire de l'évolution des animaux et celle de l'homme, et finalement on formulait la loi morale.
Dans ces primitives Cosmogonies, on expliquait le mécanisme de l'Univers par l'action d'une force émanant des astres incandescents. Cette force n'est autre que le dynamisme inhérent à la radiation des astres, surtout du soleil, dont l'action est la plus puissante sur la terre, puisque c'est l'astre le plus rapproché de nous.
Cette force reçoit dans toutes les langues un nom qui est presque toujours une onomatopée, c'est-à-dire un mot qui représente imitativement une force.
Chez les Hindous, c'est « Brahm ».
Chez les Egyptiens, c'est « Ptah ».
Cette radiation solaire n'est pas seulement une force, c'est un principe chimique. La radiation est un courant d'atomes d'oxygène, qui génère la lumière blanche qui nous éclaire.
Mais cette force radiante ne vient pas seulement du soleil ; elle vient aussi des étoiles, qui sont multiples et rayonnent dans l'espace sept autres principes chimiques qui génèrent les sept couleurs du prisme. Telle est l'origine du septénaire.
Le principe radiant, considéré comme force cosmique, a été appelé :
- Chez les Phéniciens : Ilus ; El ; Elion.
- Chez les Kaldéens : Ilaï ; Ilah.
- Chez les Assyriens : El ; Ilu.
- En Arabie : Il ; All ; Allah.
Enfin chez les Hébreux : Elohim, mot qui est le pluriel de Eloha. Le premier verset du Sépher (La Genèse), si mal traduit, dit :
« Berechith bara Elohim eth ha chamaïm veeth ha aretz ».
Traduction : « En principe les Elohim ordonnent ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre ».
Si ce mot est mis au pluriel, c'est parce qu'on savait qu'il n'existe pas une force cosmique, mais qu'il y en a plusieurs.
Et, d'abord, on expliquait ce qu'est une force cosmique en montrant que c'est le principe actif qui entretient la combustion des astres incandescents, lequel est transporté dans l'espace par les radiations astrales. On le représentait par un point dans un cercle :
Chez les Grecs, la puissance cosmique est appelée Ouranos ; son nom vient de Varouna, un des noms hindous donnés à la même puissance et dont la racine var signifie couvrir.
Ouranos couvre toutes choses, et ordonne les cieux et les terres, par les Hécatonchires, êtres aux cent bras qui représentent les radiations.
Ouranos représente le Ciel en général, on ne lui donne pas de forme humaine.
La Terre est appelée Gaïa. On la confond avec la matière universelle, la substance des choses et des êtres, qui sert à édifier la végétation. Ouranos la féconde.
La Force, contenue en principe dans la radiation, est manifestée lorsqu'elle s'arrête ; elle est symbolisée par Atlas, qui maintient les colonnes par lesquelles le Ciel s'appuie sur la Terre (les faisceaux des radiations).
Voici le premier chant de l'Odyssée :
« Les colonnes du Ciel qui arrivent à la Terre et la soutiennent, la dirigent dans ses mouvements, l'animent et y créent la lumière et la vie ». Ces colonnes sont les radiations émises par le soleil, et visibles souvent par suite de la disposition des nuages.
On nous dit que c'est de l'Asie que vinrent les traditions qui se répandirent en Grèce. Nous y retrouvons, en effet, les croyances des peuples asiatiques, mais n'est-ce pas plutôt parce que les mêmes vérités étaient trouvées partout à la fois ? La cosmogonie des Hellènes est celle des Kaldéens, leurs notions si vraies sur l'histoire naturelle de l'homme n'en diffèrent pas, c'est une science profonde, étonnante, qui est à la base du mythe. Mais, fait important à constater, c'est la pensée féminine qui fait en Grèce la Religion, comme elle la fait dans toutes les nations asiatiques. Et, partout, elle a le même sort, elle est persécutée, détruite ou dénaturée, par le sacerdoce masculin.
Il ne faut donc pas en chercher les sources, ou l'histoire, dans les ouvrages des auteurs qui écrivent pour soutenir le nouveau régime basé sur l'usurpation sacerdotale, mais seulement dans les traditions populaires, que les prêtres ne pouvaient atteindre.
C'est parce que la science grecque vient de l'Asie qu'il faut rappeler ce qu'était la grande doctrine cosmogonique des Phéniciens.
Nous passerons ensuite au développement de la Nouvelle Science (1).
(1) Gaston d'Haylly, littérateur français, rédacteur en chef de la Revue des livres nouveaux, membre de l'Académie des Lettres et de celle des Sciences et Arts, et Lauréat de l'Académie française, écrit ceci à propos de la Nouvelle Science :
« On se souvient sans doute qu'il y a 2 ans, je faisais part à nos lecteurs de l'apparition d'un livre qui avait renversé toutes mes idées sur l'évolution des mondes ; tout ce que j'avais appris d'astronomie, de mécanique céleste, était jeté bas, et quant au système de Darwin, il ne tenait plus debout, une autre théorie de l'évolution de l'homme venant se substituer à celle de celui qui dort aujourd'hui si paisiblement sous les voûtes de Westminster-Abbey, je veux parler de la Nouvelle science, œuvre de Céline Renooz.
« Les livres se succédaient : La Force, Le Principe générateur, L'Evolution de l'homme et des animaux, Partout où j'allais on me questionnait sur la nouvelle science ; seuls les savants ignoraient ces livres, ou semblaient les ignorer.
« J'aime assez aller au fond des choses, et me trouvant avec quelques professeurs en la matière, j'esquissai un point interrogatif.
« Peuf !
« Et c'était tout. Vous conviendrez que ce n'était point assez.
« Dans les volumes que j'avais reçus, j'avais trouvé un style clair, net, précis, un profond savoir, de l'idée et, surtout, un esprit de suite étonnant. La pensée y suit une ligne absolument droite ; les déductions dénotent une intelligence supérieure, tout y est mathématiquement scientifique. La Nouvelle science est un fait absolument nouveau pour la plus grande partie ; la Nouvelle science renverse les idées scientifiques acquises, donc les savants chercheront à l'étouffer ou à s'en emparer. Nous voulons que la Nouvelle science soit divulguée et propagée, que la lumière ne soit pas mise sous le boisseau [...] nous allons soulever l'attention du monde savant s'il n'est point momifié, en tout cas appeler l'attention publique sur une œuvre qui demande l'éclat du jour et veut être discutée » (Revue des livres nouveaux - 1891)

LES ATOMES DANS LA COSMOGONIE PHÉNICIENNE ET KALDÉENNE
La théorie des atomes, transmise par Lucrèce, Leucippe et Epicure, a été prise par eux chez les Phéniciens qui l'avaient reçue de la Déesse Astarthé, appelée Istar en Chaldée. La femme réelle qui avait reçu ces surnoms était Dercéto.
Voici le résumé de la théorie :
L'Univers est rempli d'une présubstance incréée, sans consistance, dont la propriété principale est l'élasticité, qui a le pouvoir de se dilater jusqu'à la consistance la plus raréfiée ou de se replier sur elle-même à l'état le plus dense. Mais cette condensation ne s'opère qu'à l'aide de l'atome-force, qui l'influence et la transforme incessamment.
L'atome-force est subtil, incréé également, doué d'un mouvement propre, qui est son essence. Il émane des astres incandescents, dont il constitue la radiation. Mais les soleils de l'espace céleste ne sont pas tous identiques. Ils brillent de sept couleurs diverses, qui représentent sept manifestations chimiques immuables. Une de ces forces considérée seule s'appelle Eloha ; considérées ensemble, les sept forces sont les Elohim.
Ces forces subtiles, immatérielles, sont les agents de la lumière, de l'électricité, du son ; l'arrêt de leur mouvement produit la chaleur. Ce sont ces immatériels qui influencent la substance primordiale, l'Ether-Azote, qui lui donnent corps et apparence, la transforment continuellement en s'y combinant ou en se séparant d'elle.
Sans les Elohim, pas de vie, pas de lumière, pas de son, pas de chaleur, et pas d'intelligence, puisque pas de vie. Sans l'atome-force, la présubstance ne deviendrait pas la substance, et celle-ci ne pourrait pas produire la materia, c'est-à-dire la matière organique qui va former les corps vivants et se résoudra en inorganique après leur mort.
Sans la substance, formée de la présubstance, l'atome-force ne pourrait devenir l'Esprit dans l'Etre ; sans les Elohim, la présubstance existerait, mais ne serait pas. Sous l'influence des Elohim, la materia s'agglomère et prend forme végétale, puis animale et minérale.
Les Temples Chaldéens et Assyriens avaient la forme d'une immense tour carrée à sept étages. Chaque étage superposé était moins large que celui qui le précédait, si bien que ces tours ressemblaient de loin à d'énormes pyramides. Un chemin montait en spirale autour du monument. Chaque étage était consacré à l'étude d'un des Elohim, une des sept lumières qui éclairent le monde, et chaque étage était peint d'une des couleurs de ces lumières, de manière à ce que l'ensemble figurât l'arc-en-ciel. Au sommet se trouvait le sanctuaire de la Déesse Istar, l'auteur de cette science Cosmogonique.

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LA NOUVELLE SCIENCE
Introduction
Dans un premier temps, en précisant ce qu'est « La Force », nous étudierons l'évolution des astres, le point de départ de leur formation, leur constitution lente, le début et les causes de leur incandescence, les causes de leur extinction, et, enfin, leur destinée ultime.
Nous poserons, ensuite, les principes d'une nouvelle physique de l'Univers, montrant que tout ce qui a été fait dans cet ordre d'idée, avant la naissance de la chimie moderne, repose sur des erreurs.
Ce sera la solution du problème cosmologique.

Ensuite, sous le titre « Le principe générateur de la vie » (blog à l'article « LA VIE »), Nous étudierons l'origine de la substance organisée à la surface terrestre, le commencement de la vie.
Et après avoir posé la question sur le terrain de la physique et de la chimie, nous la poserons sur le terrain de la philosophie. Nous chercherons l'essence du « principe générateur de la vie ». Nous montrerons comment ce principe sur lequel repose la croyance à une puissance souveraine régnant dans la Nature, a été envisagé dans la science, dans la philosophie, dans les religions (blog à l'article « DIEU ? »).
En mettant ainsi l'idée de Dieu devant la science, en étudiant son origine chimique, son évolution, sa corruption et son état actuel, nous arriverons à la solution du problème théologique.

Enfin, nous aborderons, dans un large résumé, « L'évolution de l'homme et des animaux », qui renferme l'histoire positive de l'évolution des êtres vivants (blog à l'article « NOS VÉRITABLES ORIGINES »).
Si le mot « positive », dont on a tant abusé, est ici souligné, c'est pour faire comprendre que, loin de traiter de cette grave question avec la légèreté de ceux qui ont édifié des doctrines sur des hypothèses, nous suivrons une méthode rigoureusement scientifique et au-dessus de toute critique. Nous démontrerons notre histoire du développement embryonnaire et nous appuierons nos affirmations sur de nombreuses preuves prises dans l'évolution anatomique, l'évolution physiologique et l'évolution chimique.
Ce sera la solution du problème phylogénique.

LA FORCE
Introduction
On s’est beaucoup occupé de la force et de la matière ; on a érigé, sur ces deux mots, des systèmes philosophiques plein de promesses. Cependant, on est resté sur le terrain des hypothèses ; on a entrevu des causes probables, on n’a rien affirmé. La philosophie nouvelle n’a apporté que des négations, ce qui a fait douter de sa valeur ; toute la partie affirmative lui manque : Détruire est plus facile qu’édifier, mais édifier est plus utile que détruire.
Pour fonder une doctrine nouvelle sur une méthode scientifique solide, il faut commencer par définir la « force » et la « matière », il faut savoir comment l’une sort de l’autre, quel est le mécanisme de ce changement d’état, quelles sont les causes qu’il fait naître, les effets qui en résultent.
C’est cette grande histoire de la force dans l’univers que nous entreprenons de faire.
La force, c’est la matière en mouvement.
On observe dans la nature deux espèces de mouvements : des mouvements « spontanés » et des mouvements « transmis ».
Nous ne nous occuperons d’abord que des mouvements spontanés, puisque c’est l’origine de la force que nous allons chercher ; nous ne parlerons que plus tard des mouvements transmis.
Le mouvement spontané apparait dans l’électricité, dans les réactions chimiques, dans la vie.
Ces trois manifestations de la force primitive répondent à une même cause : l’action atomique ; elles ont une même source : la décomposition moléculaire.

L’ATOME
L’atome est l’élément premier des corps, il est invisible, on pourrait dire qu’il est « immatériel », car il ne tombe pas sous nos sens ; nous ne pouvons ni le voir ni le toucher, il n’est jamais au repos : le mouvement est sa principale propriété.
L’atome ne s’arrête que lorsqu’il entre en combinaison avec d’autres atomes. La combinaison est une capitulation des forces, un état résultant de deux ou plusieurs mouvements opposés.
Aussi une combinaison est toujours plus ou moins instable et peut être dérangée par la rupture de l’équilibre qui l’a produite.
Les molécules sont formées d’un nombre plus ou moins grand d’atomes groupés avec ordre et symétrie, de manière à former des tétraèdres, des octaèdres, etc.
Au moment où les atomes se séparent les uns des autres, ils reprennent le mouvement arrêté dans la combinaison, ils vibrent autour de leur centre et rayonnent dans l’espace.
Suivant M. Ampère, les atomes sont des centres d’action dont les dimensions doivent être considérées comme rigoureusement nulles.
Il faut bien se garder de confondre les particules, les molécules et les atomes. La particule est une partie du corps, solide, liquide ou gazeuse comme lui. La molécule est l’unité spécifique des corps composés ; on ne peut la diviser sans détruire la nature du corps. L’atome est l’élément premier qui forme la molécule.

LE MOUVEMENT ATOMIQUE
Le mouvement de l’atome, au sortir d’une combinaison, est un trait qui, de son foyer d’impulsion à son point d’arrivée, fend l’espace. Pendant ce temps de liberté, il est à l’état radiant ; donc, le sillon qu’il trace, dans son trajet, est une radiation.
La signification que nous donnons au mot « radiant » n’est pas celle que lui donne M. Crookes. Nous ne considérons pas toute matière raréfiée comme arrivant forcément à l’état de mouvement initial, c’est-à-dire à l’état radiant ; nous ne voyons ce mouvement spontané que dans l’action de l’atome libre et nous ne considérons pas tous les corps rangés dans la nomenclature chimique actuelle comme susceptible d’arriver à cet état de liberté radiante. C’est une propriété qui n’appartient pas aux métaux, mais seulement aux métalloïdes.
Et encore, parmi ceux-ci, tous ne sont pas aptes à prendre cet état actif ; il n’existe que chez ceux qui sont susceptibles de devenir des agents comburants. Les huit corps simples rangés dans les deux premières familles chimiques nous semblent être les seuls qui prennent l’état radiant au sortir d’une combinaison.
Nous justifierons plus loin cette assertion.

LA FORCE DANS L’ESPACE
La force s’exerce dans l’espace ; elle va d’un point à un autre, d’un soleil à un autre soleil comme d’un grain de sable à un autre grain de sable. La distance n’existe pas, dans son acception philosophique, pour la « force », puisque le mouvement est son essence. Elle n’est qu’à la condition qu’il y ait un espace à parcourir.
Mais elle ne se manifeste que dans la coertion, dans le conflit avec d’autres forces. S’il n’existait qu’une force, qu’une radiation atomique, elle se répandrait dans l’espace, suivant son mouvement rectiligne, sans jamais s’arrêter et sans qu’aucune de ses manifestations puisse se produire, puisque ces manifestations ne se révèlent que par l’action qu’elles exercent les unes sur les autres ou sur des corps étrangers.
Mais les radiations sont multiples, elles sillonnent l’Univers, elles forment dans l’espace un réseau immense ; donc, il y a souvent conflit entre elles, et, de ces conflits, résultent toutes les manifestations de la « force » : la lumière, la chaleur, les actions chimiques.

ORIGINE DE LA RADIATION
Tout foyer de décomposition chimique est un foyer de radiation. Tout foyer de combustion est un foyer de radiation, puisque la décomposition met les atomes en liberté et que l’atome est mouvement.
Le mouvement de l’atome est rectiligne. Lorsqu’il se sépare des autres atomes avec lesquels il était uni, il s’en va dans la direction qu’il avait suivi pour arriver au point où il s’est combiné.
Un composé de trois atomes irradie l’espace dans trois directions lorsqu’il se décompose.
L’état radiant commence au moment même où l’atome se sépare des autres atomes avec lesquels il était uni. Donc, l’état radiant est l’état « naissant » de la matière.

ACTION DES RADIATIONS
La radiation est mouvement.
Elle exerce une action dynamique.
En s’arrêtant, elle détermine la chaleur.
Elle est génératrice de la lumière.
Les atomes qui la constituent deviennent les agents des actions chimiques lorsqu’ils s’arrêtent et se combinent.

ACTION DYNAMIQUE DE LA RADIATION
La radiation qui est lancée dans l’espace par un foyer de décomposition, tel qu’un astre en ignition, est une force motrice, puisque c’est un mouvement.
Ce mouvement est rectiligne. Il se propage avec une vitesse extrême et balaye l’espace qu’il traverse, c’est-à-dire repousse, devant lui, tous les corps qu’il rencontre en leur transmettant son mouvement.
Il est le mouvement initial, origine des mouvements transmis.
Il ne faut donc pas dire de la radiation qu’elle est une force, mais qu’elle est « la force ».

LA RADIATION CONTIENT LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE LA MATIÈRE
Les atomes qui constituent la radiation sont les derniers éléments du corps. Ils sont infiniment petits ; mais ils sont les éléments mêmes de la matière (Non pas de toute matière, puisque nous avons dit, plus haut, que tous les corps que l’on considère comme des éléments ne sont pas aptes à prendre l’état de liberté radiante). Dans leur état radiant, ils ne peuvent tomber sous nos sens ; nous ne pouvons constater leur présence par aucun de nos organes ; ils ne se manifestent à nous que lorsqu’ils produisent un phénomène physique, en s’arrêtant, où lorsqu’en se combinant, ils changent d’état. Leur existence n’est mise en évidence que par les actions qu’ils exercent. Nous les voyons, pour ainsi dire, naître et mourir, puisque nous les voyons émaner d’une décomposition ou s’éteindre dans une combinaison.
Lorsque nous brûlons une bougie, il ne reste rien, à la place où elle a brûlé, de la matière qui la constituait, et, cependant, comme rien ne se perd, ces matières sont quelque part. Entre le moment de la décomposition et celui des nouvelles combinaisons, elles se sont dispersées en « radiant » autour du foyer de combustion.
Si la bougie est placée dans une chambre close, ses radiations se trouvent arrêtées par le plafond ou par les murs de la chambre et là, les atomes qui les constituent changent d’état : ils entrent dans de nouvelles combinaisons de corps gazeux, liquides ou solides. C’est donc sur tous les objets qui ont arrêtés la radiation qu’il faut chercher les éléments qui constituaient, primitivement, la bougie ; ce n’est pas à l’endroit où était placé le foyer de combustion ; là, il n’y a plus rien. La matière s’est transportée au loin, elle est devenue mouvement en devenant libre.
Mais supposons que l’endroit où s’opère la combustion ne soit pas clos, ce sera bien plus loin encore qu’il faudra aller chercher les atomes qui formaient les éléments primitifs des corps décomposés.
C’est à des distances considérables que les atomes mis en liberté, par la combustion, dans les corps célestes en ignition, sont projetés dans l’espace ; et si l’on voulait retrouver ceux qui constituaient, dans son intégrité primitive, notre soleil, il faudrait aller les chercher sur Mars, sur Vénus, sur Jupiter, sur Neptune, etc., sans compter ceux qui n’ont pas été arrêtés au passage par les planètes et sont allés se perdre dans les abîmes insondables des autres systèmes solaires.
M. Wurtz constate ainsi cette dispersion de la matière :
« Oui, elle forme tous les mondes, et les éléments du notre ont été retrouvés dans le soleil et dans les étoiles. Oui, les radiations émises par la matière atomique incandescente qui constitue les astres sont aussi, pour la plupart, celles que font naître les corps simples de notre planète ; merveilleuse conquête de la physique qui nous révèle tout ensemble l’abondance des forces que nous envoie le soleil et la simplicité de la constitution de l’Univers. »

LA RADIATION EST INFINIE DANS L’ESPACE
Les radiations s’étendent à des distances incommensurables. Ce ne sont pas seulement les radiations solaires qui frappent la terre, mais toutes les radiations stellaires dont nous voyons le foyer.
La somme des radiations que nous recevons d’un soleil est en raison de la dimension apparente de l’astre. Si une étoile qui nous envoie ses radiations nous semble petite, quoique, en réalité, elle soit peut-être énorme, c’est parce que, dans l’espace qui règne entre elle et nous, ses radiations se sont de plus en plus écartées les unes des autres, si bien que la quantité de traits radiants qui frappent à la fois notre œil est petite, et les espaces qui séparent 2 radiations sont grands. De là le scintillement.
Lorsque la radiation est plus près de sa source, l’intermittence est moins grande, puisque les radiations sont plus rapprochées les unes des autres. Et comme chaque rayon nous apporte l’image d’un point de l’astre, celui-ci nous semble plus volumineux.
Mais toute étoile, visible pour nous, a envoyé, jusqu’à nous, ses radiations.
Donc, nous pouvons dire que la radiation est infinie, car il est impossible de mesurer la distance à laquelle elle peut arriver.

LA RADIATION A UN COMMENCEMENT ET UNE FIN
La radiation est incessante pendant la période d’ignition des astres. Mais les astres ont un commencement et une fin. Ils s’enflamment et s’éteignent. La radiation d’un astre a donc eu un commencement et aura une fin.
Ces événements astronomiques sont des cataclysmes qui viennent déranger l’équilibre établi.
Si la terre venait aujourd’hui à s’enflammer, ses radiations en se répandant dans l’espace, enverraient la lune à une distance incalculable. Notre petit satellite s’en irait tout droit devant lui jusqu’à ce qu’il rencontrât un autre point où il soit tenu en équilibre.
Les étoiles variables sont des soleils qui ne sont pas complètement enflammés, une partie de leur surface est déjà en ignition : elle est lumineuse ; une autre partie ne l’est pas encore, ou elle est déjà éteinte : elle est obscure. Le mouvement de rotation de l’astre nous présente tour à tour sa face lumineuse et sa face obscure, avec une périodicité qui indique la durée de son mouvement de rotation.
Lorsque les tâches de notre soleil auront augmenté au point d’occuper un espace appréciable à l’œil nu, sur sa surface, notre soleil sera, pour les habitants des terres lointaines, une étoile variable.

CONSTITUTION MATÉRIELLE DES CORPS CÉLESTES
Nous avons vu que la molécule initiale était formée des atomes radiants qui étaient venus s’arrêter dans un point de l’espace. Ces atomes venaient d’un foyer en ignition, d’un soleil.
Nous avons vu que ce mouvement, incessamment renouvelé, apportait incessamment de nouveaux matériaux à la nébuleuse qui se formait.
La matière solide qui compose le noyau de la nébuleuse est donc formée aux dépens de la radiation : ce « fluide primitif » qui, en changeant d’état, en se « matérialisant », en se condensant, devient l’origine d’un corps inerte. C’est d’une multitude de points dispersés dans l’espace que viennent les radiations qui s’arrêtent à un endroit donné ; elles émanent de différents soleils, donc elles sont constituées par des atomes de différentes natures. Et pendant un temps très long (la vie d’un soleil), les mêmes radiations doivent arriver au même endroit.
Cependant, les matières qui s’accumulent les unes sur les autres et arrivent à former un monde, ne sont pas toujours les mêmes, elles sont disposées par couches régulières, souvent assez épaisses, ce qui indique une longue durée de la même radiation.
Mais il arrive, cependant, des changements qui indiquent que, pendant le cours des siècles, les radiations ont changé de nature.
deux raisons expliquent ces changements :
1°) Les astres s’allument et s’éteignent, donc, les radiations commencent et finissent.
2°) Les corps célestes ne sont pas composé de matières homogènes, mais de couches hétérogènes. Donc, les radiations qu’elles envoient dans l’espace varient suivant la constitution chimique de la couche qui brûle. Et cette cause se transmet d’un astre à l’autre, puisqu'un soleil formé de couches hétérogènes détermine, également, des couches hétérogènes autour des différents mondes qu’il irradie. Ainsi, si la terre venait à s’enflammer, toute la couche superficielle qui est oxydée et qui brûlerait aux dépens de l’oxygène atmosphérique, enverrait, dans l’espace, des radiations d’oxygène. Mais lorsque cette couche superficielle serait brûlée et que l’incandescence arriverait à l’étage du soufre, les radiations changeraient de nature chimique en même temps que l’astre changerait de couleur.
Cette cause des différentes zones qui forment les mondes n’a pas été aperçue jusqu’ici. Cuvier y pensait, mais il ne la cherchait pas si haut. Il dit à ce sujet : « Nous sommes dans l’ignorance la plus absolue sur les causes qui ont pu faire varier les substances dont les couches se composent ; nous ne connaissons pas même les agents qui ont pu tenir certaines d’entre elles en dissolution. »

CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DE LA TERRE
La terre a la même origine que les autres corps célestes. Elle a été d’abord une nébuleuse occupant une immense étendue dans l’espace. Peu à peu, les matériaux qui formaient le centre de la nébuleuse planétaire (1) se sont condensés et le noyau primitif a été sans cesse recouvert de nouvelles couches qui se sont superposées aux plus anciennes.
Cette formation des astres se renouvelle incessamment. Le ciel est peuplé de nébuleuse, cet état embryonnaire d’un monde.
Il faut donc renoncer à l’ancienne théorie de Laplace qui expliquait la formation des planètes par une hypothèse qu’aucun fait actuel ne confirme. Or, il ne peut pas y avoir d’exception dans l’Univers, ce qui a eu lieu une fois doit se renouveler souvent.
Si les planètes s’étaient formées comme Laplace l’a imaginé, elles se formeraient encore de la même manière, et le télescope nous révèlerait des mondes en voie de formation par le même système, des soleils projetant dans l’espace leur matière en fusion.
Mais ce fait n’a jamais été observé, aucun soleil n’a été vu accomplissant cette genèse cosmique, donc nous avons le droit de la nier.
La science, du reste, nous donne des preuves de la formation des astres obscurs par la condensation des matières nébulaires. Un des faits les plus décisifs, à cet égard, c’est la constitution géologique de la terre même. Dans tous les tableaux des formations géologiques, on nous montre que les couches les plus profondes sont formées des matières les moins denses.
Il y a donc une diminution progressive du degré de condensation des matières du centre à la surface
Cette progression devrait être en sens inverse si la terre avait été formée par des matières incandescentes refroidies peu à peu et si son centre était encore rempli de matières en fusion.
Si nous descendons, par la pensée, aussi profondément qu’il soit possible de le faire, vers l’intérieur du globe, nous rencontrons le granit ; c’est la pierre qui règne sous toutes les autres, c’est la plus ancienne de celles qu’il ait été donné de voir, et c’est, en même temps, la plus dure (2).
Les roches feuilletées s’appuient sur ses flancs.
(Rappelons à ce sujet que les nébuleuses étant formées par l’action intermittente des radiations, il en résulte une formation de couches séparées les unes des autres par d’imperceptibles fentes, c’est-à-dire des couches feuilletées) Viennent ensuite des chistes, des porphyres, des grés, enfin des marbres à grains salins et autres calcaires sans coquille s’appuyant sur les chistes.
Telle est la composition des échelons inférieurs de cette terre primitive, sans habitant.
Il est bien évident que la compression des couches profondes de la terre est due à un mouvement mécanique continu qui s’est exercé, sur elle, pendant qu’elles se formaient, et qui s’exerce encore. Ce formidable mouvement dure depuis l’origine de la terre, par conséquent le noyau central doit être d’autant plus comprimé que, depuis plus longtemps, il subit cette pression.
En se rapprochant de la surface actuelle on peut observer que les couches les plus récentes sont moins comprimées. Enfin, la couche la plus récente de toutes, la couche superficielle est tout à fait meuble : c’est la terre végétale. Les poussières atmosphériques qui s’y déposent continuent la formation cosmique de la terre, en formant une couche nouvelle qui recouvrira celle sur laquelle nous vivons. Ces matières cosmiques, qui augmentent le volume de la terre, sont les particules qui se déposent dans les habitations sur toutes les surfaces planes. Et si nous n’enlevions cette poussière qui se renouvelle incessamment, nous pourrions, au bout d’un certain temps, mesurer la hauteur de la couche qu’elle formerait, dans un temps donné ; nous pourrions ainsi calculer l’augmentation graduelle de la masse terrestre et, de là, conclure au temps qu’il a fallu pour qu’elle soit arrivée à son volume actuel.
Cette couche de poussière n’est pas la dernière zone terrestre, après elle nous avons la couche gazeuse qui forme notre atmosphère et dont les molécules, quoique plus éloignées les unes des autres que celles qui composent la matière solide, n’en sont pas moins soumises aussi à la pression des radiations. Cette action est incessante. Si ces effets semblent lents ils n’en produisent pas moins, à la longue, des accumulations considérables.
Les fossiles incrustés dans les marbres, dans les grès, sont une preuve évidente de la compression constante de la matière sans cette repoussée vers le centre de la terre, et, venant remplir tous les intervalles, tous les interstices, toutes les lacunes.
Dans les temps modernes on a attribué un grand rôle aux bouleversements terrestres dans les formations géologiques.
L’esprit de l’homme, perdant de vue l’Univers, s’est confiné dans son petit monde et a voulu y trouver la cause de tout ce qui existe. C’est là une méthode mesquine que la science de l’Univers détruira (3).
Les bouleversements terrestres peuvent changer les matériaux de place, mais non pas en augmenter la quantité ; ils dérangent l’harmonie du monde, mais leurs effets portent toujours l’empreinte de leur violence et de leur irrégularité. Aussi ne peut-on jamais reporter à une cause de ce genre les actions régulières comme la formation des couches géologiques.
L’augmentation lente du volume de la terre par annexion de matières extra-terrestres est un fait qu’on ne peut pas nier. La couche houillère, qui nous représente la surface terrestre d’une époque passée, occupe partout une grande profondeur. Donc, toutes les couches qui la recouvrent sont des formations postérieures, des dépôts de matières accumulées lentement pendant les siècles les plus récents de notre histoire.
Cuvier dit en parlant des terrains de transition : « La vie qui voulait s’emparer de ce globe semble, dans ces premiers temps, avoir lutté avec la nature inerte qui dominait auparavant. Le dessus, qu’à elle seule a appartenu le droit de continuer et d’élever l’enveloppe solide de la terre. »
En effet, du moment où la vie apparaît, ce n’est plus seulement la matière inorganique qui, en se déposant régulièrement et constamment augmente le volume de la terre, c’est encore la substance organisée qui se forme incessamment aux dépens de la matière atomique que la radiation ne cesse de nous apporter et que les êtres vivants absorbent avant qu’elle ait changé d’état.
Il ressort de tous ces faits que la terre n’est pas plus un soleil éteint qu’elle n’est un fragment de notre soleil. Elle n’a jamais été en état d’incandescence, mais elle peut le devenir, elle n’est pas un vieux monde en évolution décroissante, elle est un monde jeune en évolution ascendante. Ce que nous savons de sa constitution géologique nous prouve qu’elle n’a jamais brûlé, mais qu’au contraire, elle s’est formée par une action constante et lente.
La régularité des couches superposées les unes aux autres dans une direction presque partout horizontale, annonce cette action lente.
Le feu qui bouleverse tout n’arrive pas à ce résultat.
A côté des preuves affirmatives de la formation des mondes par la condensation des matières nébulaires, la science nous donne des preuves négatives de cette formation par la condensation de matières en fusion. Parmi les faits qui pourraient être invoqués pour prouver l’inexactitude de la théorie de Laplace, on peut constater, d’abord, l’impossibilité de concevoir une masse en fusion concentrée au centre de la terre et brûlant sans air, puisque cette masse serait, partout, entourée par la couche de granit qui forme les terrains primitifs. Ensuite, il est absolument contraire aux lois physiques de supposer un foyer incandescent exerçant une action attractive en vertu de laquelle les corps seraient attirés vers son centre, alors que l’on sait qu’un foyer de combustion exerce, toujours, au contraire, une action rayonnante, c’est-à-dire répulsive. Enfin, on ne concevrait pas la formation d’une croûte solide autour de ce foyer incandescent et pendant son rayonnement. Jamais pareil fait ne s’est produit nulle part.
La théorie de Laplace n’est, du reste, que le développement des idées régnantes à son époque. Longtemps avant lui des philosophes avaient eu l’idée d’attribuer à la terre une origine solaire, mais toutes ces vues philosophiques étaient étrangères à la science ; on ne connaissait pas les lois positives que la chimie moderne nous a révélées et qui, en venant confirmer certaines idées préconçues, comme celle de l’échange universel des matières, rectifie la forme grossière donnée à ces idées.
Cuvier rapporte ainsi ces tentatives : « Le grand Leibnitz lui-même s’amusa à faire, comme Descartes, de la terre un soleil éteint, un globe vitrifié, sur lequel les vapeurs étant retombées lors de son refroidissement, formèrent des mers, qui déposèrent ensuite les terrains calcaires. »
« Le système de Buffon n’est guère qu’un développement de celui de Leibnitz, avec l’addition, seulement, d’une comète qui a fait sortir du soleil, par un choc violent, la masse liquéfiée de la terre, en même temps que celle de toutes les planètes, d’où il résulte des dates positives. Car, par la température actuelle de la terre, on peut savoir depuis combien de temps elle se refroidit ; et, puisque les autres planètes sont sorties du soleil en même temps qu’elle, on peut calculer combien les grandes ont encore de siècles à refroidir et jusqu’à quel point les petites sont déjà glacées. »
Toutes ces hypothèses, basées sur la chaleur des couches terrestres connues sont en désaccord avec les données de la science moderne qui nous enseigne que l’état thermique de la terre est exclusivement dû à la transformation en chaleur du mouvement mécanique des radiations solaires ou stellaires et non à la chaleur originaire des planètes.
(1) On appelle nébuleuse planétaire celles qui sont formées de couches concentriques
(2) Le granit est composé de 3 sortes de minéraux : le feldspath, le quartz et le mica. Les substances minérales qui dominent dans les roches des terrains primitifs sont les mêmes, plus le talc, poussière onctueuse au toucher. Le quartz est plus dur que le verre et l’acier, le feldspath l’est presque autant, le mica et le talc semblent former les couches moins condensées que l’action intermittente des radiations laisse subsister entre les couches plus denses.
(3) « Les volcans n’élèvent ni ne culbutent les couches que traverse leur soupirail et, si quelques causes agissant de ses profondeurs ont contribué, dans certains cas, à soulever de grandes montagnes, ce ne sont pas des agents volcaniques tels qu’ils existent de nos jours. Ainsi, nous le répétons, c’est en vain que l’on cherche dans les forces qui agissent maintenant à la surface de la terre des causes suffisantes pour produire les révolutions et les catastrophes dont son enveloppe nous montre les traces. » (Cuvier. Les révolutions du globe, P.26)

L’ÉVOLUTION DES ASTRES
La vie d’un corps céleste peut se diviser en trois âges.
Pendant le premier il forme lentement son noyau inorganique aux dépens de la matière cosmique.
Pendant le second ce noyau primitif se recouvre de couches nouvelles qui s’organisent : nous y voyons régner l’eau et la vie.
Le troisième âge d’un astre est l’état d’incandescence.
L’apparition de la matière organisée à la surface d’un monde est le prélude de l’incandescence, le premier mot de l’ignition.
La matière organisée est le « combustible » qui s’enflammera un jour et brûlera aux dépens de l’oxygène qui enveloppe la planète.
Tant que cet incendie n’a pas commencé, le corps céleste est un astre obscur. Le jour où il commence à brûler, il devient un soleil.
C’est au moyen de la matière organisée enfouie dans les couches terrestres que nous alimentons nos foyers de combustion. Mais si ces immenses dépôts venaient un jour à s’enflammer spontanément, sans notre concours, l’incendie se propageant tout autour du globe, nous n’aurions aucun moyen de l’arrêter (1).
Et, de ce moment, la terre passerait à l’état de soleil. Elle rayonnerait dans l’espace, en repoussant, au loin, tout ce qui se trouverait sur le chemin de ses radiations.
Alors, les matériaux dont sont faits les corps vivants, remis en liberté dans la décomposition, s’en iraient, sous la forme atomique, c’est-à-dire radiante, porter la vie à d’autres astres plus jeunes que le nôtre. La terre féconderait la lune et, peut-être, d’autres corps célestes en voie de formation, tels que les astéroïdes.
Il ne faut pas considérer cette fin d’un astre obscur comme l’anéantissement du monde organisé, mais plutôt, comme la renaissance d'une vie nouvelle, car, les astres ne meurent que pour revivre. Il ne faut donc pas se laisser surprendre par ce sentiment de tristesse et d’épouvante qui accompagne toujours l’idée du néant. Il faut, au contraire, voir dans cette fin, la cause de la fécondation d’une infinité d’autres mondes, dispersés dans l’espace, et vivifiés par les radiations bienfaisantes des éléments qui sont mis en liberté à la surface des astres qui s’enflamment.
Mais il ne faut pas supposer que les soleils sont habités comme ont pu le faire quelques savants poètes. On ne peut pas concevoir des êtres vivants s’agitant dans les flammes d’un incendie ou existant sous ces flammes.
Quand et comment arrivera, pour la terre, ce passage de l’état obscur à l’état incandescent, ce cataclysme qui sera la fin de notre petit monde ? Nous ne pouvons le dire, mais chaque fois que nous entendons parler de l’incendie spontané des forêts ou du feu de grisou, nous pensons que ce sont là des avant-coureurs de ce grand événement, et nous pensons aussi que l’imprudence des hommes peut aider la Nature à amener ce sinistre.
En attendant, nous vivons dans l’insouciance sur ce foyer préparé qu’un rien peut allumer, nous vivons sur un volcan sans nous en douter, nous nous agitons sur un terrain qui sera peut-être une fournaise ardente demain.
Et, cependant, personne jusqu’ici, ne s’est aperçu de ce danger qui nous menace, personne n’a prévu cette fin possible de notre monde. On s’est habitué à considérer l’évolution des astres comme s’accomplissant en sens inverse, c’est-à-dire allant de l’incandescence au refroidissement, alors qu’elle va, au contraire, de l’obscurité à l’incandescence.
Les savants qui ont eu l’idée de mettre l’état incandescent avant l’état obscur n’ont pas pensé que pour que l’incendie commence, il faut des combustibles et que tous les combustibles que nous connaissons, excepté le soufre, sont des substances organiques.
(1) Les combustibles terrestres sont les charbons fossiles (graphite, anthracite, houille), les bitumes (le naphte, le pétrole, l’asphalte), les résines fossiles, les sels organiques (mellite, guano, etc.), les soufres, et enfin les être organisés actuels, végétaux et animaux.

LA NAISSANCE DES SOLEILS
Que faut-il pour qu’un astre obscur passe à l’état incandescent ? Que faut-il pour que notre terre devienne un soleil ? Une seule chose : un élément comburant qui enflamme la masse de matière combustible qui compose la plus grande partie des couches supérieures du globe. Or, cet élément comburant, nous l’avons autour de nous : c’est l’oxygène. Pour peu qu’il change d’état, de tension, de quantité, l’incandescence peut commencer.
Ainsi, par exemple, dans l’oxygène raréfié, le phosphore devient subitement inflammable, et le phosphore abonde dans les corps organisés.
Aussitôt qu’un de ces évènements astronomiques s’accomplit, aussitôt qu’une planète devient un soleil, ce changement d’état détermine différents phénomènes physiques, chimiques et mécaniques :
1°) L’astre change de place dans l’espace
2°) L’astre prend un rôle actif
3°) Il commence son évolution décroissante.

L’ÉLÉMENT COMBURANT
Le 1er corps qui passe de l’état moléculaire à l’état atomique lorsqu’il s’opère une combustion, c’est l’élément comburant qui détermine cette combustion.
Si notre terre s’enflammait, le 1er corps qui s’en irait irradier l’espace serait l’oxygène qui nous entoure. C’est lui qui, le premier, passerait de l’état gazeux à l’état radiant.
Cette disparition de l’élément comburant dans la combustion est un fait qui a été observé depuis longtemps. Rob Boyle fut un des premiers observateurs à qui l’on doit la connaissance de la disparition de l’air (c’est-à-dire de l’oxygène) dans les calcinations et dans les combustions. Cette disparition fut appelée « absorption », parce que, dans les foyers terrestres, comme dans les expériences de laboratoire, la matière radiante d’un foyer de décomposition est presqu’aussitôt reprise par une nouvelle combinaison. Mais il n’en est pas ainsi lorsque toute la surface d’un astre est en ignition. Dans ce cas, une partie de l’élément comburant peut-être provisoirement reprise par de nouvelles combinaisons, mais une autre partie reste à l’état naissant, ou radiant, et le mouvement dont les atomes sont doués alors les porte bien loin de leur foyer de décomposition.
C’est donc son élément comburant que le nouveau soleil envoie, d’abord, dans toutes les directions, et qui va féconder les astres obscurs situés dans l’aire de son action.
Dans notre système solaire, l’oxygène semble être l’élément comburant général. Il semble être celui qui constitue surtout la radiation solaire. Ce qui prouverait que notre soleil, lorsqu’il n’était encore qu’une terre obscure, avait une atmosphère d’oxygène. Une preuve à l’appui de ceci, c’est que la radiation solaire exerce toujours une action oxydante. Or, la radiation ne serait pas un agent chimique si elle n’était qu’un simple mouvement vibratoire. Elle est matière, mais matière radiante, matière à l’état naissant, et c’est pour cela qu’elle joue un rôle actif.
Si les matériaux qui composent la terre lui ont été apportés par les mille radiations qui l’ont frappée depuis le moment où sa formation a commencé, nous déjà établir que l’Oxygène est le corps que lui apporte la radiation solaire.
Un fait, ou plutôt une date à l’appui de ceci, c’est que l’Oxygène est, pour ainsi dire, un élément récent pour la terre, il l’enveloppe, il règne dans toutes ses couches superficielles, mais pas dans ses couches profondes ; il n’existe pas dans les terrains primitifs. Il est probable même que son arrivée à la terre coïncide avec l’apparition de l’eau et de la vie à la surface de notre planète. C’est donc une date relativement récente dans l’évolution terrestre et qui nous révélerait, en même temps, la date de la naissance de notre soleil, puisqu’au moment même où il s’est enflammé, il a commencé à irradier l’espace.
Notre soleil étant plus près de nous que les autres astres qui nous envoient leurs radiations, il doit nous donner avec plus de profusion l’élément radiant qu’il projette autour de lui. Cette proximité explique la grande quantité d’Oxygène qui existe autour de la terre.
Si la radiation solaire est une radiation d’Oxygène, toutes les planètes de notre système doivent avoir, comme la terre, une atmosphère d’Oxygène, toutes doivent avoir de l’eau et des substances organisées dont l’Oxygène est le principe vital. Il ne doit y avoir, à cet égard, entre les différentes planètes du système solaire, que des différences de degrés.
Cette origine de l’Oxygène terrestre nous explique son renouvellement incessant, car s’il ne se renouvelait continuellement il serait épuisé depuis longtemps.
Si la couche gazeuse qui nous entoure aujourd’hui était celle qui entourait la terre dans les époques passées, par exemple, à l’époque où régnait la végétation dont les débris accumulés forment la couche houillère, si notre Oxygène actuel était celui qui existait alors, comment expliquerait-on l’oxydation des couches situées au-dessus de celles-là ; comment expliquerait-on l’énorme consommation de ce gaz faite par les êtres vivants qui se sont développés à toutes les époques et qui, en mourant, n’ont pas rendu à la Nature les éléments qui les constituaient, c’est-à-dire ne les ont pas remis dans la circulation atmosphérique, puisque leur cadavre est enfoui dans le sol où il se décompose. Ces cadavres accumulés ont pu servir à oxyder les couches terrestres mais non pas à renouveler l’atmosphère.
La consommation d’Oxygène faite par les êtres vivants est énorme. L’air inspiré par la respiration contient 79 parties d’azote et 21 d’Oxygène ; l’air expiré ne contient que 18 parties d’oxygène. L’homme garde donc, dans chaque inspiration d’air qu’il fait, 3 parties d’oxygène. On a calculé que cet oxygène inspiré et non rendu fait à peu près 500 litres par jour pour un homme adulte. En évaluant à un milliards (chiffres de 1890) la population du globe, nous trouvons que l’oxygène de l’atmosphère se trouve diminué, tous les jours, de 500 millions de mètres cubes. Supposons un nombre égal pour la respiration des animaux, nous avons mille millions de mètres cubes. Ajoutons-en autant pour la consommation d’oxygène qui se fait à la surface du globe pour l’entretien du feu employé aux usages domestiques ou à l’industrie, nous avons 2 000 millions de mètres cubes d’oxygène consommés par jour. Comme cette consommation dure depuis l’origine des êtres vivants sur la terre, il est certain que si l’oxygène de notre atmosphère ne se renouvelait pas, d’une manière quelconque, il y a longtemps qu’il serait épuisé.
On a attribué ce renouvellement à l’oxygène expiré par les plantes. Cette explication n’est pas soutenable. Les plantes, au contraire, ont besoin, comme les animaux, d’oxygène pour vivre, et, si elles en expirent, c’est que d’abord, elles n’en inspirent. C’est même là la condition essentielle de leur vie.
Alors même que l’on admettrait l’hypothèse du renouvellement de l’oxygène par les plantes, il faudrait supposer que la végétation qui couvre la surface du globe produit 2 000 millions de mètres cubes d’oxygène par jour pour rétablir l’équilibre de l’atmosphère. Or, dans les pays où la végétation manque absolument, on devrait s’apercevoir d’un manque considérable d’oxygène et, lorsque l’hiver, les fonctions des plantes sont suspendues, la respiration des animaux devrait aussi se trouver arrêtée faute d’oxygène. Cependant il n’en est rien. La proportion des gaz de l’atmosphère ne varie pas suivant l’intensité de la vie végétale. Du reste, les végétaux enfouis dans le sol ont gardé leur oxygène, puisqu’ils nous la rendent en chaleur lorsque nous nous en servons pour alimenter nos foyers, ils ne l’ont pas donné aux animaux qui sont venus après eux et qui se sont bien formés sans cela.
Il faut donc bien admettre que le renouvellement de l’oxygène se fait d’une autre manière, qu’il se fait par un procédé extraterrestre. La théorie des radiations nous démontre qu’il nous est incessamment apporté par l’influx solaire qui, en arrivant à la terre, passe de l’état atomique à l’état moléculaire, c’est-à-dire de l’état radiant à l’état gazeux Cette oxygène radiant qui va du soleil à la terre est l’agent des courants électriques qui fendent notre atmosphère. Comme électricité, nous les étudierons plus loin ; nous ne les considérons ici que comme générateurs de l’oxygène gazeux qui règne autour de nous.
Cette émission constante d’atomes d’oxygène occasionne une continuelle diminution de l’élément comburant qui entretient l’activité du foyer solaire. Il se fait à sa surface des taches qui annoncent des points où la combustion se ralentit. Enfin, un temps viendra où ce gaz manquera tout à fait. Notre soleil, réduit alors à n’être plus qu’un amas de matières incombustibles, arrivera au dernier stade de l’évolution des astres. Nous étudierons plus loin cette fin d’un soleil.
Mais la matière qui le constituait primitivement n’aura pas été détruite. Elle aura changé d’état, elle aura changé de place, elle se sera dispersée dans l’espace, mais, si loin qu’elle soit allée s’arrêtée, elle se retrouvera sous un état quelconque. Les mondes qu’elle aura été fécondé, accomplissant aussi leur évolution, deviendront des astres lumineux et incandescents, ils accompliront à leur tour le grand travail de la fécondation cosmique par l’échange incessant des matières, en envoyant autour d’eux leurs radiations vivifiantes.

L'OXYGÈNE STELLAIRE
En présence de la quantité innombrable d’étoiles qui peuplent l’immensité céleste, on doit supposer qu’il en existe un grand nombre à la surface desquelles le même élément actif entretient la combustion. Si la terre reçoit des radiations d’oxygène de son soleil, cela n’empêche pas qu’elles reçoivent également des radiations d’oxygène d’autres soleils situés beaucoup plus loin dans l’espace.
C’est parce que tout l’oxygène qui règne sur la terre n’a pas la même origine, ne provient pas de la même source, que ce corps se manifeste physiquement et chimiquement de plusieurs manières.
Une radiation stellaire n’a pas, en arrivant à la terre, la même vitesse qu’une radiation solaire, puisque le mouvement qui est rectiligne, est, en même temps, accéléré ; elle n’exerce pas la même action chimique lorsqu’elle passe de l’état atomique à l’état moléculaire parce que les atomes qui la constituent sont plus éloignés les uns des autres qu’ils le sont dans une radiations venant d’une source plus rapprochée, par conséquent, lorsqu’ils s’arrêtent, en présence d’autres atomes avec lesquels ils se combinent, ils sont moins nombreux dans le même espace occupé puisqu’ils sont plus écartés les uns des autres.
Il en résulte une différence chimique dans les composés provenant tant de la différence du nombre des atomes que de la différence de l’arrangement moléculaire. Ceux qui sont formés des atomes d’oxygène venus dans une radiation solaire sont plus oxygénés que ceux qui sont formés des atomes d’oxygène venus dans une radiation stellaire : les premiers sont des acides, les seconds sont des bases. (Il s’agit des formations primitives et non pas celles que nous provoquons artificiellement dans nos laboratoires) La radiation stellaire ne produit pas, en s’arrêtant dans son mouvement, le même nombre de calories que la radiation solaire, les atomes étant moins nombreux dans un même espace, puisqu’ils ont été plus dispersés.
C’est sur cette différence des propriétés de l’oxygène qu’est basée toute la chimie dualiste de Berzelius.
Ce chimiste, en analysant les sulfates neutres de potasse, de soude et de magnésie, trouva que, dans ces sels, la quantité d’oxygène de l’acide est triple de la quantité d’oxygène de la base.
Nous en tirons cette conclusion générale, c’est que l’oxygène qui entre dans les acides est plus riche que celui qui entre dans les bases.
Or, comme dans les actions chimiques, de même que dans les actions physiologiques, c’est l’oxygène qui entre dans les acides qui joue le plus grand rôle, nous appellerons celui-là l’oxygène « positif ». (C’est parce qu’il est « positif » qu’il est électro-négatif)
Et nous appellerons celui qui entre dans les bases l’oxygène négatif ; considérant que son action chimique est moins intense et que son action biologique est perturbatrice de la vie ; elle use les tissus. (Celui-là est électro-positif)

LA COULEUR DES ASTRES INCANDESCENTS
Nous devons supposer que tous les astres incandescents qui brûlent dans l’espace aux dépens de l’oxygène ont la couleur dorée ou ambrée de notre soleil, car, c’est son élément comburant qui donne à un astre sa couleur propre.
Mais l’oxygène n’est pas le seul élément comburant qui existe dans l’Univers. Dans notre système solaire, aucun autre ne possède sa puissance, aucun autre ne peut en être rapproché tant ses propriétés sont intenses comparées à celles de tous les autres corps connus. Mais cela est ainsi, pour nous, parce que le foyer qui nous l’envoie est tout près de nous, comparé aux foyers qui nous envoient d’autres radiations.
Si la couleur d’un astre incandescent révèle la Nature de son élément comburant, nous devons en conclure que les soleils verts, rouges, bleus, ne brûlent pas aux dépens de l’oxygène, mais aux dépens d’un autre corps qui joue, pour eux, le même rôle dans la combustion que l’oxygène pour nous. Ainsi, le Chlore, l’Iode, le Brome, le Fluor, le Sélénium, le Soufre sont, probablement, des éléments aussi actifs dans d’autres systèmes solaires que l’oxygène est actif dans le nôtre.
Si cette activité n’a pas la même intensité sur la terre c’est parce que les atomes de ces corps, arrivés à la terre dans les radiations stellaires, ne possédaient plus les conditions physiques et chimiques qu’ils avaient à une distance plus rapprochée de leur source. Mais, sur une terre éclairée par un soleil rouge c’est, peut-être, le Sélénium qui est l’élément comburant, qui règne dans l’atmosphère et engendre la vie.
Sur une terre éclairée par un soleil vert c’est, peut-être, le Chlore qui joue ce rôle actif et, dans ces mondes éloignés de nous, l’oxygène n’est, peut-être, connu que comme un élément secondaire aussi insignifiant, aussi peu utile à la vie que l’est par exemple, l’Iode sur terre.
Donc, la propriété comburante et la propriété génératrice de la vie ne doivent pas être considérées comme spéciales à un seul corps, elles peuvent être le privilège de plusieurs éléments.
Ainsi, en étudiant la constitution géologique de la terre, nous pouvons en conclure que le grand rôle que joue actuellement l’oxygène, pour nous, a été, en partie, rempli par le soufre à une époque. Le soufre a du irradier la terre (1)
Le soufre brûle avec une flamme bleue. A l’époque où les radiations de soufre dont nous trouvons le témoignage dans les couches de terrain où ce corps abonde, arrivaient à la terre, il devait y avoir dans l’entourage céleste de notre petit monde une étoile bleue. Une ou plusieurs, car, de même que nous avons supposé que l’oxygène était l’élément comburant de plusieurs étoiles, de même nous devons supposer que les autres corps peuvent remplir le même rôle actif à la surface de différentes étoiles. Et, alors, nous devons constater, dans les propriétés physiques et chimiques de ces corps des différences qui nous révèlent plusieurs états atomiques.
Le soufre, justement, est un de ces éléments qui ont, sur la terre, plusieurs états ; donc qui nous viennent de plusieurs sources.
A l’époque crétacée ou tertiaire, le soufre abondait sur la terre.
Il diminua depuis, quoiqu’il existe encore dans des couches plus récentes de gypse et de calcaire.
(1) Comme preuve à l’appui de ces changements de couleur, rappelons que Sirius a été rouge du temps des anciens

L’HYPOTHÉSE DE NEWTON
L’histoire de l’hypothèse de Newton est l’histoire de toutes les hypothèses. Un jour, un homme observe un phénomène, il s’arrête, il regarde, il s’étonne, il cherche, puis il se fait à lui-même une réponse quelconque : c’est une hypothèse.
Elle pourrait être juste, mais elle est, presque toujours, fausse, parce que les lois de la Nature sont cachées, complexe, et que, pour les connaître, il faut de longues études ou une inspiration extraordinaire, éclose, soudain, dans une tête de génie.
Tel n’était pas le cas de Newton, car nous sommes en mesure de démontrer que toutes les théories qu’il a jetées dans la science sont fausses.
En l’absence d’une science approfondie ou une inspiration juste, la réponse que font les hommes aux phénomènes qu’ils veulent expliquer est toujours adaptée à l’effet ultime, dernier, du phénomène ; elle s’applique à l’apparence, elle ne va pas au fond des choses.
C’est une réponse de ce genre que Newton se fit à lui-même le jour où il se demandât pourquoi la pomme qui se détachait de l’arbre tombait sur la terre.
La pomme « tombait », il en conclut que la terre avait la propriété d’attirer les corps. Et sur cette hypothèse, il formula une loi.
Une réponse de ce genre, donnée aujourd’hui, serait accueillie par un immense éclat de rire. Mais du temps de Newton, on était moins difficile, on accepta l’hypothèse et on en fit une loi formulée en ces termes : « Tous les corps de la nature s’attirent proportionnellement à leur masse et en raison inverse du carré de la distance ».
Une fois la loi faite, il arriva ce qui arrive toujours en pareil cas, des gens qui n’avaient jamais pensé à se demander pourquoi la pomme tombait, émerveillés de ce que quelqu’un ait eu l’idée de poser cette question, en conclurent que l’homme étonnant qui avait trouvé la question avait aussi trouvé la réponse. Du reste, pour discuter la proposition de Newton il eut fallu une science qui n’existait pas à son époque ; la chimie n’était pas née, on ne connaissait pas encore les propriétés de la matière, on ne savait rien de la cosmologie. Tout était à faire. On accepta donc comme une loi l’hypothèse posée, et, en vertu de cette tendance à l’exagération qui est le propre de la nature de l’homme, on mit une affirmation où l’auteur n’avait mis qu’un doute, on dépassa le but, on s’emballa dans une voie qui devait entraver, pendant deux siècles, le progrès des sciences physiques.
En effet, cette loi de l’attraction, qui est fausse, se retrouve partout ; on ne fait pas un pas, dans la science, sans s’y heurter, on s’en est servi comme d’une cause universelle pour tout expliquer. Et, comme la loi est fausse, toutes les explications données à l’aide de la loi sont fausses.
Si les hommes étaient sages, lorsqu’ils s’aperçoivent que l’expérience dément ce qu’ils lui soumettent, ils s’arrêteraient en chemin. Mais c’est ce qu’on ne fait jamais.
Quand on consulte la méthode expérimentale c’est toujours avec l’idée bien arrêtée de faire servir ces décisions, quelles qu’elles soient, à la confirmation de l’idée qu’on lui soumet.
C’est ce qui arriva dans ce cas. En cherchant des preuves à l’appui de l’attraction, on rencontra mille preuves qui la démentent. Mais la loi était formulée et, comme on l’avait déclarée infaillible, il ne s’agissait plus que de faire sanctionner cette infaillibilité par les faits, de les adapter à la loi, malgré leur résistance à s’y soumettre. Il eut été plus sage d’adapter la loi aux faits, on ne se serait pas exposé à faire dire aux preuves acquises tout le contraire de ce que, en réalité, elles disaient.
Dans quelles erreurs ne tombe-t-on pas pour soutenir une première erreur !
Cependant, à côté des exaltés qui se jettent, tête baissée, dans toutes les aventures scientifiques, sans en comprendre la signification et dans le seul but d’exercer le besoin de lutte qui tourmente l’homme, il s’est trouvé, de tout temps, des gens sages qui ont protesté ou, tout au moins, qui ont refusé de suivre l’entraînement général. Leibnitz souriait des doctrines de Newton.
Depuis, quelques savants ont essayé de temps en temps de reprendre la question, mais comme les ignorants et les entêtés sont plus nombreux que les savants, comme les fous sont plus nombreux que les sages, et que ce sont eux qui crient le plus fort, il est arrivé, comme toujours, que, excités par la discussion, ils ont poussé à l’extrême les affirmations et les prétendues preuves.
C’est ainsi que les doctrines les plus fausses sont toujours les plus chaleureusement défendues parce que, répondant mieux à l’état d’esprit des masses ignorantes, elles ont toujours pour défenseurs les hommes les plus bruyants. Nous en avons encore aujourd’hui bien des exemples.
C’est pour éviter ce résultat fatal que l’antiquité cachait la science dans l’ésotérisme.
De nos jours, la question de la gravitation et de l’attraction n’est pas remise sur le terrain de la discussion générale. Quelques personnes s’en occupent dans l’ombre, mais les centres officiels n’oseraient pas y toucher. L’erreur a triomphé, on la propage, on l’enseigne aux enfants, dans les lycées, comme on leur enseignait autrefois les dogmes religieux ; c’est un article de foi scientifique qu’on leur impose, ils y croient et continuent, à leur tour, à propager l’erreur.
Cependant, quelques hommes sages continuent à s’abstenir.

PRINCIPE D’UNE NOUVELLE PHYSIQUE DE L’UNIVERS : LA PESANTEUR
La pesanteur, cette force que l’on a si mal expliquée jusqu’ici, ne répond nullement à la cause qu’on lui a assignée. C’est un phénomène planétaire répondant à une cause particulière, spéciale aux planètes, et, en général aux astres non incandescents.
Cette pesanteur planétaire est le résultat de la pression exercée par l’azote qui forme l’atmosphère des planètes sur les corps qui constituent leur surface ou sur ceux qui sont libres autour d’elles.
Nous avons montré que l’azote est un corps qui remplit tout l’espace céleste, qu’il est le fond de la substance du monde, l’ancien fluide éthéré des poètes.
Cependant, il ne possède pas, partout, les propriétés physiques qu’il possède dans notre atmosphère. Son degré de densité, dans les régions éloignées des planètes, nous est inconnu. (Nous avons supposé que c’est la densité de l’hydrogène). Dans tous les cas, cette densité n’est pas la même qu’autour des astres qui, en se formant, l’ont déplacé. Et cela se comprend, pour peu qu’on le recule il déplace les couches gazeuses qui l’entourent, et, le mouvement se propage de proche en proche, à moins qu’un obstacle, c’est-à-dire une force supérieure à celle qui a opéré le premier déplacement, ne vienne équilibrer l’effort produit ; alors le gaz se condense.
Etant donné ce principe, remontons à l’origine des mondes et nous allons trouver l’origine de la pesanteur à leur surface.
Nous avons vu que le noyau primitif d’une nébuleuse se forme aux dépens des atomes apportés par les radiations à un endroit du ciel où plusieurs courants radiants se sont rencontrés et arrêtés. Le noyau primitif grossit peu à peu ; la matière d’abord dispersée se condense, et, ainsi, un astre obscur arrive à se constituer. C’est au sein de l’azote universel que cette apparition d’un nouveau monde s’effectue.
Or, chacun des atomes qu’une radiation est venue apporter à un point quelconque du ciel, a déplacé un volume égal au sien du fluide qui se trouvait à la place dont il venait prendre possession.
Continuons, en imagination, l’apport incessant de nouveaux atomes et le déplacement correspondant de l’azote qui existait à cette place, et nous arrivons à concevoir facilement qu’au bout d’un temps assez long pour qu’une planète soit achevée, il doit exister, tout autour d’elle, une zone d’azote comprimé.
L’azote se condense autour des astres qui s’accroissent, parce que le mouvement incessant des radiations qui continuent la formation commencée d’un monde, est une force qui s’oppose à la propagation du mouvement, de proche en proche, du gaz déplacé à travers l’azote universel.
Le noyau de la nébuleuse, jeté au milieu du fluide céleste, y produit le même effet qu’un caillou jeté au milieu de l’eau ; il le déplace et l’envoie dans toutes les directions où il forme des ondes excentriques.
Mais comme l’action des radiations est une force qui ne permet pas à l’azote de s’étendre au-delà d’une limite restreinte autour de l’astre, d’un autre côté, comme la densité normale du fluide universel primitif ne peut être augmenté sans provoquer une réaction, il en résulte que l’azote, comprimé dans les couches atmosphériques, cherche continuellement à réagir dans un sens ou dans l’autre, pour reprendre sa densité première. Il exerce une pression vers l’espace, et, alors, il est repoussé par la radiation, il exerce une pression vers la planète qu’il entoure pour chercher à reprendre la place qu’il occupait primitivement et qu’elle lui a fait perdre, et, de ce côté, il ne rencontre d’autre force opposée à la sienne que celle de l’inertie de la matière qui occupe sa place. Or, la réaction constante que l’azote exerce sur la matière est une force qui tend continuellement à la repousser vers le noyau central de la nébuleuse primitive, devenue le centre de la planète. Sa réaction contre la surface planétaire est égale à l’action qui l’a déplacé.
C’est cette force constante qui est la « Pesanteur ».

LA CHUTE DES CORPS
Il résulte des principes que nous venons d’exposer que la force qui fait tomber les corps vers la terre est produite par une impulsion donnée de haut en bas et non pas par une attraction exercée sur les corps de bas en haut.
Nous le prouvons par les faits que la physique classique a, elle-même, enregistrés depuis longtemps.
Ainsi, par exemple, si nous plongeon une baguette de verre dans un liquide et que nous l’en retirons en la maintenant verticale, nous voyons une goutte y demeurer suspendue, l’action répulsive ne s’exerce pas sur elle, elle ne s’exerce que sur la partie supérieur du bâton. La goutte pourrait rester ainsi suspendue indéfiniment si elle conservait sa position verticale, mais le moindre dérangement expose une partie des molécules qui la composent à l’action de la pesanteur et la fait tomber. Par exemple, si nous inclinons la baguette, la goutte tombe immédiatement. Ce qui prouve qu’elle n’était pas attachée par une force telle que la cohésion ou l’affinité ; car si le phénomène était dû à une force de ce genre, il n’y aurait pas de raison pour que l’inclinaison de la baguette changeât les conditions du phénomène.
Lorsqu’il pleut, nous voyons ce même fait se produire de mille manières. Sous les branches des arbres, sous les ornements d’un balcon, l’eau qui a glissé de manière à se trouver à l’abri de l’action verticale de la pression forme des gouttes qui restent suspendues et y resteraient très longtemps si l’agitation de l’air ne les faisait tomber en leur faisant perdre leur situation équilibrée. Mais l’attraction ne les fait pas tomber, puisqu’elles restent longtemps insensibles à cette prétendue force, pendant que les gouttes d’eau, qui ne sont pas garanties de la pression verticale, tombent vers la terre.
Autre exemple : Lorsqu’un tonneau, un bidon, un récipient quelconque est hermétiquement fermé « par en haut », de manière à ce que la pression s’exerce sur le récipient seulement et non sur le contenu, le liquide ne tombe pas, alors même qu’il y a une ouverture par en bas.
L’attraction exercée par la terre ne l’appelle pas vers la surface terrestre. On dit, vulgairement, que c’est parce qu’il manque d’air, ce qui confirme notre théorie, en prouvant que c’est l’action de l’air qui exerce une pression de haut en bas sur tous les corps placés à la surface terrestre. Aussitôt que l’impulsion est donné par le haut, ce qui arrive toujours lorsqu’on pratique une ouverture au récipient, le liquide tombe, parce que l’azote y pénètre et, partout où il pénètre, il imprime une pression à ce qui se trouve entre lui et la terre.
C’est en vertu de cette loi que deux corps à surface plane, humectés d’un liquide et appliqués hermétiquement au moyen du glissement de l’une sur l’autre, ne peuvent plus être séparées suivant une traction perpendiculaire aux surfaces, à moins de faire un effort énergique, mais l’attraction terrestre n’a pas cette puissance : elle peut faire tomber un bloc de pierre que cent hommes ne pourraient remuer, elle ne peut pas déplacer deux corps ainsi réunis que la force d’un seul homme peut cependant désunir.
Cependant, si la loi énoncée par Newton était exact, il n’y aurait aucune raison pour que le corps placé en dessous de l’autre soit affranchi de l’obligation de tomber sur le sol.
Nous pouvons encore prouver la direction de la force d’une autre manière.
Prenons un fil de fer enroulé sur lui-même et suspendu à une tige de bois. Les tours étant superposés les uns aux autres, les plus élevés préserveront les plus bas de l’action de la pression.
Il en résultera que le fil ne s’allongera pas d’une façon égale, il se déroulera beaucoup plus par le haut que par le bas. Ce fait démontre avec évidence, que l’action s’exerce par en haut et non par en bas, car, si elle s’exerçait par en bas, les tours inférieurs plus rapprochés de la terre que les supérieurs devraient s’écarter davantage les uns des autres, puisqu’ils subiraient plus fortement l’attraction terrestre, en vertu de la diminution de carré de la distance.
Nous pourrions encore invoquer contre la loi de Newton les phénomènes capillaires.
L’expérience du bâton de verre plongé dans un liquide et auquel une goutte reste adhérente, si le bâton reste vertical, explique l’origine de tous les phénomènes capillaires.
Lorsqu’un liquide monte dans les interstices d’un corps quelconque comme un morceau de sucre, un biscuit, etc., il se trouve mis à l’abri de la pression de l’azote par les molécules de matière qui se trouvent placées au-dessus de lui ; l’action répulsive ne l’atteint pas.
Il résulte de tous ces faits et de bien d’autres qu’il serait trop long d’enregistrer ici, que, lorsqu’un corps se trouve placé de manière à être soustrait à l’action répulsive de l’azote atmosphérique, il ne tombe pas vers la terre, il reste en repos.

LES MARÉES
L’explication qui a été donnée du phénomène des marées par l’attraction de la lune est aussi naïve qu’elle est absurde.
Sinon, comment explique-t-on que la lune, qui serait douée d’une force d’attraction capable d’élever l’eau de la mer à dix mètres en moyenne, n’attirerait pas, par cette même force d’attraction, tous les objets qui ne sont pas adhérents au sol, et qui sont moins lourds que l’eau, comme, par exemple, une plume, un morceau de papier, un bouchon de liège, une feuille, des étoffes légères ? Comment se fait-il que toutes les feuilles qui, à l’équinoxe d’automne, jonchent la terre, ne suivent pas le même mouvement que les eaux et ne s’envolent pas dans l’espace, par l’attraction lunaire, formant, elles-mêmes, une grande marée de feuille ?
Il est deux moments de la journée où les radiations nous arrivent obliquement ; c’est au lever et au coucher du soleil. Or, si à ce moment-là la radiation est oblique sur certaines partie du globe, elle tombe d’aplomb sur d’autres points, tandis que, ailleurs, elle n’est ni oblique ni verticale, elle est « rasante », c’est-à-dire qu’elle ne frappe pas du tout la surface terrestre, mais l’effleure seulement.
Si nous considérons le globe terrestre, nous voyons qu’une ligne le sépare en deux moitiés égales, l’une éclairée par le soleil, l’autre plongée dans la nuit.
C’est le long de cette ligne où finit la lumière que la radiation rase le sol. Et, comme la radiation est une force motrice qui exerce une action dynamique, laquelle, en s’annulant, lorsqu’elle s’arrête, se transforme en chaleur, il est évident que là où elle s’arrête pas, au lieu de devenir chaleur elle reste force, c’est-à-dire mouvement.
La radiation « rasante » exerce donc sur la surface terrestre une action dynamique ; c’est cette action qui déplace les eaux, elle occasionne le « flux ». Mais le flux est immédiatement suivi du « reflux ». L’eau portée à quelques mètres de distance a donc rencontré une force qui la repousse : c’est l’action dynamique des radiations stellaires.
Il y a intermittence dans le mouvement parce que les radiations sont rythmiques ; leur action n’est pas continue mais interrompue régulièrement.
Comme la ligne de démarcation qui sépare l’hémisphère lumineux de l’hémisphère obscur n’est pas, en réalité, une ligne mais un cercle, c’est de divers côtés que le mouvement se fait sentir, c’est-à-dire, à la fois, sur les points où la lumière commence et où elle finit. Aux équinoxes sur les points où il est six heures du matin et six heures du soir.
Le mouvement se propageant porte le flux et le reflux sur toutes les plages.
C’est cette propagation du mouvement qui fait que l’heure des marées varie. Quand, à l’endroit où nous nous trouvons, la marée monte à l’heure où le soleil se lève et à l’heure où il se couche, elle subit, directement, l’action dynamique des radiations qui la poussent ; le flux est plus fort. Quand, à l’endroit où nous nous trouvons c’est à d’autres heures que la marée monte, c’est plus loin que l’action motrice a été exercée et notre marée n’est qu’un mouvement transmis, elle est plus faible.

L’ELECTRICITÉ
L’électricité, cette force qui agit sans cesse autour de nous, cette force qui engendre des phénomènes si intéressants, qui peut être utilisée de tant de manières diverses, qui multiplie le temps, qui réduit l’espace, qui transporte la pensée, la parole, le son, le mouvement, qui fait la lumière, qui recule les limites de la vie et qui est appelée, peut-être, lorsque nous la connaîtrons mieux à faire sous nos yeux d’autres miracles encore, cette force est restée un mystère jusqu’à ce jour. Sa Nature intime n’a pas encore été déterminée, on n’a étudié l’électricité que dans ses effets, on est resté dans l’ignorance de sa cause.
La connaissance de cette cause, était, cependant, pour la science, une conquête de la plus haute importance car, lorsqu’on a la cause d’une force on est maître de cette force.

ESSENCE DE L’ELECTRICITÉ
L’électricité, c’est la force engendrée par le mouvement de l’atome. Un courant électrique, c’est un régiment d’atomes en marche allant de son foyer de départ à l’obstacle qui lui sert de point d’arrivée.
Le foyer de départ est toujours une décomposition moléculaire.
Cette décomposition peut être opérée par la combustion, par l’affinité chimique ou par une action mécanique.
Le point d’arrivée est un obstacle matériel qui arrête le courant.
L’arrêt peut être aussi déterminé par la rencontre d’un autre courant ; c’est alors un choc d’où jaillit une étincelle, ou par la rencontre d’un corps sympathique avec lequel les atomes se combinent.
Dans ces trois cas, les atomes perdent leurs propriétés actives, ils perdent donc leur mouvement, c’est-à-dire leur force.
Dans le premier cas, lorsqu’ils rencontrent un obstacle matériel qui les arrête, ils se combinent entre eux ; le mouvement arrêté détermine une élévation de température : c’est l’origine de la chaleur.
Dans le deuxième cas, lorsqu’ils rencontrent un autre courant lancé en sens inverse, comme deux trains venant sur la même voie, il y a choc, explosion et apparition d’étincelles : c’est l’origine de la lumière.
Dans le troisième cas, lorsqu’ils rencontrent des atomes sympathiques avec lesquels ils entrent en combinaison, ils perdent leurs propriétés actives en passant à l’état moléculaire : c’est l’origine de toutes les combinaisons chimiques.

L’ÉTAT NAISSANT
L’atome reste libre et radiant entre son foyer de départ et son point d’arrivée. C’est ce temps qu’il faut appeler « l’Etat naissant ».
Si le point d’arrivée est très rapproché du foyer de départ l’état naissant est très court. Il est souvent si fugitif qu’il peut à peine être aperçu. Si le foyer de départ est très éloigné du point d’arrivée l’état naissant dure longtemps : c’est le courant électrique. Il traverse, en tous sens, la surface du globe si on le tient isolé, c’est-à-dire dans des conditions telles qu’il ne puisse être arrêté par un obstacle matériel, par un autre courant, ou par des atomes sympathiques.
Dans les espaces interstellaires, l’état naissant se prolonge d’un astre à l’autre, des étoiles aux planètes, du soleil à la terre.

LA FORCE ET LA MATIÈRE
Les éléments susceptibles de prendre l’état radiant possèdent en eux l’essence de la force. Cette force est cachée lorsque l’atome est engagé dans un composé moléculaire, mais elle apparaît aussitôt que le composé se désorganise. Les éléments radiants passent donc alternativement de l’état latent à l’état actif, leur force, cachée dans la molécule, existe en essence et peut, à un moment donné, se manifester.
Il n’en est pas de même des métaux, ils ne possèdent pas l’essence de la force, ils forment, dans le monde inorganique, une caste inférieure qui n’est jamais appelée aux hautes destinées des corps actifs. Ils ne font ni la chaleur, ni la lumière, ni le mouvement, ni la vie.
Ce sont ces corps inactifs qu’on doit désigner, et qu’on désignait dans la science antique, par le mot « matière ».
Les autres semblent « immatériels » ; c’est à eux qu’on donnait dans les mythologies primitives divers noms qui indiquaient la puissance, c’était des dieux, des forces. Dans la philosophie moderne c’est « l’Esprit ».
Ils sont, en effet, esprit, c’est-à-dire force privée de toute apparence matérielle, pendant tout le temps de leur activité.
L’apparence matérielle n’apparaît qu’au moment où l’activité cesse.

ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
Les courants radiants qui prennent naissance dans le foyer solaire frappent toutes les planètes du système dont nous faisons partie. Ce sont les courants d’électricité atmosphérique.
Ils avancent perpendiculairement à la surface terrestre en suivant la marche apparente du soleil, c’est-à-dire de l’Ouest à l’Est. Ils sont interrompus dans les espaces qui correspondent à une tâche solaire. Alors les relations établies entre les éléments terrestres et les éléments célestes se dérangent ; l’aiguille aimantée, qui suit les courants, n’est plus guidée quand les atomes radiants ne lui arrivent plus.
« L’aiguille aimantée enfermée dans la boussole palpite, trésaille, s’affole, perd le Nord, lorsque, à 37 millions de lieues d’ici, le soleil est sous le coup de ces violents orages magnétiques qui le parsèment de tâches énormes ou projettent autour de lui des flammes de cent mille lieues de hauteur. » (Flammarion)
La relation qui existe entre l’apparition des tâches du soleil et les perturbations de l’aiguille aimantée est un fait démontré.
Les tâches du soleil sont des espaces éteints d’une étendue parfois si grande que la terre toute entière pourrait s’y loger.
Puisque ces espaces sont éteints ils n’émettent plus de radiations.
Il se produit donc sur la surface terrestre une solution de continuité dans la série des courants radiants qui la frappent, lorsqu’elle se trouve placée en face des régions solaires éteintes.
Ce sont ces immenses courants, qui relient la terre aux astres de l’espace et particulièrement au soleil, que, dans les anciennes religions, on appelait « les colonnes du ciel ». Ce sont ces courants que Kepler désignait, sans s’en douter, lorsqu’il disait : « Le soleil est le modérateur suprême des corps célestes. Cet astre, qui échauffe et éclaire l’Univers, est doué, en outre, d’une vertu motrice qui se répand avec une grande célérité dans l’immensité de l’espace, pour animer les planètes et les enchaîner dans leur orbite ; cette vertu se propage en ligne droite et décroit avec la distance. »

ÉLECTRICITÉ TERRESTRE
Les astres incandescents ne sont pas seuls générateurs de courants électriques. Les astres obscurs peuvent aussi engendrer une électricité. C’est ainsi que la terre à la sienne.
L’électricité terrestre a pour cause toutes les décompositions qui s’opèrent à la surface de la terre ou dans le sol.
Elle exerce son action dynamique de bas en haut.
Deux espèces de décompositions existent sous nos pieds : les décompositions inorganiques, les décompositions organiques.
Les décompositions inorganiques ont pour cause principale l’action de l’eau sur certaines substances ; elles sont généralement lentes, mais elles peuvent, dans quelques endroits du globe, devenir formidables. C’est ainsi que l’eau de la mer qui s’infiltre dans les terres avoisinantes y détermine des actions chimiques qui provoquent des explosions, des soulèvements, des tremblements de terre, des éruptions volcaniques.
L’action de l’eau sur le soufre et le fer détermine une combinaison, le sulfure de fer, qui provoque une excessive élévation de la température. Or, le soufre et le fer abondent dans les couches terrestres. Chaque fois que l’eau vient les mettre en état d’entrer en combinaison, il se fait un travail souterrain qui remue toutes les régions avoisinantes.
L’électricité, c’est-à-dire la force atomique, mise en liberté, dans ces formidables décompositions, forme des courants qui se dirigent de bas en haut, c’est-à-dire en sens inverse des courants d’électricité atmosphériques. Ils exercent leur action dynamique en soulevant tout ce qui se trouve devant eux, il en résulte des tremblements de terre ou, au moins, des agitations, des ébranlements subits du sol. Dans les éruptions volcaniques, cette électricité souterraine produit des éclairs immenses et des coups de tonnerre.
Enfin, aux approches des éruptions, on remarque un dégagement énorme de vapeur d’eau accompagné d’une émission de gaz composée surtout d’acides sulfureux et chlorhydrique. Une énorme chaleur se dégage au moment où ces gaz se forment par suite des combinaisons nouvelles que l’invasion de l’eau de la mer provoque.
Tous ces phénomènes qui accompagnent les éruptions volcaniques sont dus à des actions et des réactions chimiques faciles à déterminer. La force qui y est mise en jeu est celle qui apparaît dans les actions de décomposition et de synthèse ; elle n’est nullement produite par le prétendu feu souterrain que l’on a bien voulu placer au centre de la terre. Le centre de la terre n’est ni creux, ni rempli de matière en fusion, il est formé de matériaux compactes. L’ancienne théorie des volcans, basée sur l’hypothèse du feu souterrain, est encore un des préjugés scientifiques qui ne consacre que des erreurs.
Mais ces actions violentes sont accidentelles. Ce n’est que sur quelques points du globe qu’on les observe, les actions lentes sont, au contraire, régulières et générales.
Partout où il se fait de lentes décompositions organiques et inorganiques qui engendrent une incessante production d’électricité terrestre, c’est-à-dire des courants s’élevant de bas en haut, et agissant, dans l’atmosphère, en sens inverse de la pesanteur.
C’est cette électricité terrestre qui occasionne l’ascension des gaz et des vapeurs, ainsi que la croissance ascendante des plantes.
Cette force a été appelée par les botanistes le « Géotropisme », elle joue un grand rôle dans la morphologie des corps organisés.
C’est à elle qu’est due la position verticale des arbres et le mouvement ascensionnel de la sève. C’est elle qui est l’agent moteur de tous les phénomènes capillaires ou endosmotiques qui obéissent à une force qui s’exerce de bas en haut.
Les corps inorganiques doivent aussi en subir l’influence car, tout ce qui est situé à la surface de la terre a une face tournée vers l’électricité solaire ou stellaire et l’autre vers l’électricité terrestre qui monte vers le ciel. C’est pour cela que la façon dont les corps sont frottés détermine l’électricité qu’ils prennent, positive ou négative.
Lorsqu’on a dit que le sol est le réservoir commun de l’électricité, on s’est mal exprimé. Il est le générateur d’une électricité spécial, il n’est pas le réservoir de l’électricité atmosphérique, qui, tout entière, se transforme en chaleur ou en lumière au-dessus de la surface planétaire dont elle ne pénètre pas les couches même les plus superficielles.
L’électricité souterraine constitue une force que l’on peut appeler la pression terrestre et dont l’action, qui décroît avec la distance, se fait peut-être sentir, cependant, jusqu’à l’orbite de la lune. C’est cette force qui soutient les nuages dans l’atmosphère à un endroit plus ou moins élevé où ils se trouvent mis en équilibre entre les courants inverses.
Les atomes qui constituent cette électricité terrestre ne sont pas tous de même nature. Il doit y avoir une grande quantité d’atomes d’oxygène mis en liberté par la décomposition de l’eau et des corps organisés, mais il doit aussi s’en trouver d’autres ; du soufre, par exemple, ce corps étant répandu en si grande abondance dans les couches terrestres et combiné, dans les sulfures, avec une si grande quantité de métaux.
Si le soufre est un agent de l’électricité terrestre, il n’est pas étonnant qu’en temps d’orage on remarque, quelques fois, dans l’atmosphère, une odeur de soufre.
Nous avons vu que lorsque le courant radiant est arrêté au passage, il change d’état ; les atomes s’associent et deviennent des molécules, le corps radiant reprend la forme de la matière solide. C’est ainsi que les voûtes de certaines grottes sont couvertes d’un dépôt de soufre provenant d’une irradiation souterraine arrêtée au passage.
Les chaleurs suffocantes qui précèdent les orages annoncent qu’une « pression en moins » a été exercée sur terre.
La dilatation des corps, qui en résulte, favorise les décompositions chimiques du sol, elle peut même les déterminer spontanément.
C’est alors qu’une plus grande quantité d’électricité terrestre lancée de bas en haut, dans les couches inférieures de l’atmosphère, s’en va à la rencontre des courants solaires ou stellaires qui viennent dans la direction contraire ; leur rencontre provoque de formidables explosions : c’est l’orage, accompagné d’éclairs et de tonnerre et souvent d’une pluie soudaine qui indique que les nuages suspendus en équilibre au-dessus de nous, viennent de subir une pression violente exercée de haut en bas par suite de l’annulation subite de la force inférieure qui agissait sur eux et qui a été vaincue dans la lutte parce qu’elle est la moins puissante, ce qui arrivera lorsque la terre s’enflammera, les corps situés à la surface terrestre au lieu de continuer à tomber vers la terre lorsqu’ils seront abandonnés à eux-mêmes, tomberont vers la voûte céleste, dans les profondeurs de l’espace.
On a constaté que, dans les temps calmes, on ne trouve dans l’atmosphère que du fluide positif et que, dans les temps d’orage seulement, on y trouve le fluide négatif, c’est-à-dire terrestre mêlé au fluide positif.
Dans les maisons, les rues, sous les arbres, l’électricité positive est nulle. Dans les villes, elle est sensible au milieu des grandes places, c’est-à-dire dans les endroits où la radiation solaire n’est pas arrêtée au passage.
L’air et la terre étant constamment dans deux états électriques opposés, leurs deux électricités doivent se combiner sans cesse dans les couches d’air inférieures, c’est-à-dire jusqu’à une certaine hauteur. En rase campagne, on ne commence à trouver de l’électricité positive qu’à 1 mètre 30 centimètres au-dessus de la surface terrestre. A partir de ce niveau, l’intensité des deux électricités va croissant dans deux directions opposées.
Les corps placés à la surface terrestre participent à son état électrique. L’eau partage l’état négatif de la terre ; lorsqu’elle se vaporise, elle engendre de l’électricité négative.
Les couches atmosphériques sont d’autant plus chargées d’électricité positive qu’elles sont à une plus grande hauteur au-dessus du sol, c’est-à-dire qu’elles sont plus rapprochées du soleil.
L’électricité atmosphérique est soumise à des variations périodiques intimement liées avec les relations qui existent entre la terre et le soleil.
Il y a une variation annuelle, puisque la terre n’occupe pas, pendant sa révolution autour du soleil, la même place relative ; elle est plus près ou plus loin de la source qui lui envoie ses courants électriques. Dans notre hémisphère, l’électricité positive est plus abondante en hiver qu’en été, parce qu’alors nous sommes plus rapprochés du soleil.
Il y a une variation mensuelle : l’électricité atmosphérique atteint son maximum en janvier et son minimum en juin ; elle est 15 fois plus faible qu’en janvier, parce qu’alors nous sommes beaucoup plus éloignés du soleil. Dans les mois de mars et novembre, les intensités sont égales à la moyenne annuelle.
Enfin, il y a une variation diurne : l’électricité, comme le flux de la mer, va en augmentant et en décroissant deux fois en 24 heures. Les « maxima » et les « minima » changent pour un même lieu suivant les saisons.

L’ÉLECTRICITÉ MOTEUR UNIVERSEL
La principale manifestation de l’atome, c’est le mouvement.
Toutes les autres manifestations dont nous aurons à parler plus loin, telles que la lumière, la chaleur, l’action chimique, sont des conséquences de l’arrêt du mouvement.
Mais, considéré dans sa liberté, c’est-à-dire en marche, l’atome est « la Force ». Il engendre toutes les actions dynamiques qui gouvernent la mécanique céleste ; c’est lui qui meut les astres et les guide dans leur course incessante.
Lancé dans les champs célestes, il repousse devant lui tout ce qu’il rencontre, il n’y a pas d’obstacle qui l’arrête, il est maître de l’espace. Roi de l’Univers, qu’il gouverne en souverain, nulle puissance n’est égale à la sienne, nulle force n’existe en dehors de la sienne, si ce n’est celle d’un autre atome tout-puissant comme lui. Parti des foyers de radiation, il s’étend dans une aire immense qu’il régit mécaniquement, physiquement, chimiquement et physiologiquement.
C’est ainsi que les atomes que notre soleil radiant nous envoie gouvernent toute notre organisation terrestre. Si nous ne nous apercevons pas de leur présence et de leur action dynamique, c’est parce que l’état de chose qui en résulte, et qui existait avant le commencement de notre formation organique, constitue un équilibre général au sein duquel nous avons créés et avec lequel tous nos organes sont en harmonie.
Il est donc, pour nous, l’état normal.
Mais lorsque la marche des phénomènes réguliers est interrompue, troublée ou arrêtée subitement, les nouveaux effets produits par le dérangement nous révèle l’existence et la puissance de la force dont nous n’avons pas conscience dans l’état normal des choses. Telle une locomotive lancée sur la voie ferrée emporte les voyageurs sans qu’ils se rendent compte de la vitesse avec laquelle ils franchissent l’espace, tant que le train suit sa course sans obstacle, tant que la voie est libre, mais qui s’aperçoivent de cette vitesse lorsqu’un accident vient la leur révéler en arrêtant brusquement le train. Nous sommes, dans la vie, des voyageurs du même genre. Nous ne nous apercevons pas de la puissance des forces qui règnent autour de nous, tant que l’harmonie qui résulte de l’équilibre de ces forces est maintenue.
Mais, si cette harmonie vient à se déranger, les troubles qui en résultent nous font comprendre la puissance de la force qui n’agit plus régulièrement.

MÉCANIQUE CÉLESTE
On n’aperçoit dans l’Univers que deux causes de mouvement : la première, c’est la propriété motrice de l’atome, c’est-à-dire le mouvement spontané des corps, c’est la force électrique. La seconde, c’est la réaction des éléments qui ne jouissent pas de leur degré normal de densité.
En réalité, la première seule est une cause, la seconde est un effet.
Pour comprendre le mécanisme des divers mouvements de rotation des astres, il faut remonter au début de ces mouvements.
La physique de l’Univers, comme la physiologie des êtres organisés, n’est compréhensible qu’à la condition d’être étudiée dans ses origines.
Les soleils tournent sur eux-mêmes parce que, à l’état d’astres obscurs, ils tournaient sur eux-mêmes ; les astres obscurs tournent, parce que, à l’état de formation nébulaire, l’amas de matières qui préparait un monde tournait sur lui-même.
Le mouvement de rotation acquis à l’origine se perpétue pendant l’évolution astrale : sa cause est au point de départ.


MOUVEMENT DE ROTATION DES NÉBULEUSES
L’origine du mouvement de rotation des nébuleuses est dans la pluralité des forces qui agissent sur elles.
Les radiations multiples qui les frappent de toutes parts et contribuent à leur formation, composent une résultante qui agit dans toutes les directions.
Cependant, si les forces étaient égales de tous côtés, le corps resterait stable, mais cette égalité parfaite doit rarement se rencontrer. L’inégalité est le cas le plus général.
C’est l’inégalité des forces qui détermine le mouvement de rotation des corps. L’intermittence y contribue aussi, car les radiations se propagent d’une façon rythmique qui amène des alternances d’action et de repos.
Souvent la nébuleuse se forme dans un endroit du ciel où les radiations se croisent de façon à former un couple au lieu d’une résultante. Dans ce cas, le mouvement de rotation est la conséquence de l’action des deux forces opposées, puisque : « un couple est un système de deux forces parallèles PP’ de sens contraire et égales entre elles, appliquées en deux points différents AB d’un corps solide, et ayant une direction différente de celle de la droite AB qui joint leurs points d’application. Un pareil système ne peut être remplacé par une résultante ; il tend à imprimer au corps un mouvement de rotation. »


MOUVEMENT DE ROTATION DES PLANÈTES
Le mouvement de rotation sur lui-même d’un corps céleste ayant été acquis pendant sa formation nébulaire, est indépendant du groupe dans lequel l’astre est, plus tard, engagé.
Ce mouvement n’a pas de relation avec celui des autres astres qui gravitent autour du même soleil.
Ainsi, Mercure, dont la masse ne représente que les 2/5 de celle de la Terre, met plus de temps que la terre à tourner sur lui-même ; ses jours ont cinq minutes de plus que ceux de la terre. Jupiter et Saturne, malgré leur volume énorme, tournent sur eux-mêmes près de deux fois et demie plus vite que la Terre, leurs jours ne sont que de 10 heures.

TRANSLATION DES PLANÈTES AUTOUR DU SOLEIL
Si le mouvement de rotation des planètes sur elles-mêmes est spécial à chacune d’elles, il n’en est pas de même de leur mouvement de translation autour du soleil.
Toutes tournent autour de l’astre qui les éclaire, et ce mouvement général de translation est dû à l’action dynamique des radiations solaires.
La radiation est une force motrice ; elle est rectiligne. Mais si le foyer qui émet la radiation est soumis à un mouvement de rotation, la radiation doit accomplir le même mouvement de rotation. Et, en tournant, elle imprime à tous les corps situés dans son aire immense un mouvement de translation.
Or, le soleil tourne sur lui-même en 25 jours. En tournant, ses radiations qui tournent avec lui, font tourner autour de lui tous les corps qui occupent l’espace dans lequel son action s’étend.
Cependant, toutes les radiations n’exercent pas cette action mécanique. Celles qui s’arrêtent à la surface des planètes n’y prennent pas part. Elles se transforment en lumière ou en action chimique, et leur arrêt s’annonce par une hausse thermométrique qui nous révèle la puissance de la force annulée. On a dit que : « La chaleur émise par le soleil à chaque seconde est égale à celle qui résulterait de la combustion de onze quatrillions six cent mille milliards de tonnes de charbon de terre brûlant ensemble. Que cette même chaleur ferait bouillir, par heure, deux trillions neuf cents milliards de kilomètres cubes d’eau à la température de la glace. »
Traduisons en force électro-motrice cette chaleur, et nous comprendrons quelle est la puissance dynamique de la radiation qui, en tournant, pousse la terre dans son orbite.
Le soleil tourne sur son axe en 25 jours ½. Mais, pour les planètes que, dans ce mouvement de rotation, les radiations entraînent, ce temps est plus ou moins long, suivant que les radiations sont plus courtes ou plus longues. Pendant que le soleil tourne une fois sur son axe en 25 jours ½, il s’est écoulé sur la terre 27 jours 12 heures. Sur les planètes plus éloignées un temps bien plus long, et d’autant plus long qu’elles sont plus éloignées.
Ainsi Mercure qui est à 15 millions de lieues du soleil accomplit sa révolution en 88 jours. La terre qui est à 37 millions de lieues met 365 jours ¼.
Neptune qui se trouve à l’énorme distance de 1.147 millions de lieues et dont l’orbite est de 7 milliards de lieues, tourne autour du soleil en 164 ans.
Plus un astre est rapproché du soleil plus il tourne vite. Et c’est encore pour cette raison que le mouvement de translation des planètes s’accélère à leur périhélie et se ralentit à leur aphélie.
Nous pouvons nous représenter les radiations solaires comme formant une roue immense, dont le soleil est le centre.
Chaque dent d’engrenage de cette roue est représentée par un faisceau de radiation animé d’une puissance mécanique qui varie avec le carré de la distance.
Représentons-nous les planètes comme étant d’autres petites roues placées à des distances diverses dans la grande roue. Il est évident que cette dernière, en tournant elle-même fera tourner les petites roues.
Ceci ressemble au système des tourbillons de Descartes dans lequel nous voyons déjà l’Univers constitué par des amas de particules invisibles gravitant autour de certains centres.

MÉTÉOROLOGIE
La seconde cause de mouvement, « la réaction des éléments qui ne jouissent pas de leur degré normal de densité », engendre des déplacements qui déterminent la plupart des phénomènes météorologiques en dérangeant la stabilité de l’enveloppe gazeuse de la terre.
Nous avons vu que c’est cette cause qui détermine la chute des corps à la surface terrestre. Mais cette réaction constante de l’azote vers la terre, qui lui a pris sa place dans l’espace, n’est pas la seule réaction qu’il exerce. Il tend aussi à se dilater dans une autre direction, c’est-à-dire vers les régions célestes de l’infini.
De ce côté il est contenu par l’action dynamique des radiations qui le frappent incessamment.
Mais les radiations ne sont ni immuables ni éternelles, elles sont, au contraire, dans un état constant de variabilité. Or, chacun des changements qui surviennent dans leur mode d’action se traduit, dans les profondeurs de notre atmosphère, par un changement d’état de la réaction de l’azote. Si la pression des radiations devient moins forte, l’azote se dilate ; tous les corps qu’il comprimait se dilatent aussi : c’est la chaleur. Si la pression devient plus forte l’azote augmente sa réaction vers la terre, il comprime plus fortement les corps qui en occupe la surface : c’est le froid.
Si la pression en plus ou en moins est accidentelle, si elle n’intéresse qu’un seul point de l’atmosphère, il en résulte un changement de densité qui, en se propageant aux couches les plus voisines y détermine « un courant ». C’est le vent.
Si un seul faisceau de radiation vient à manquer subitement, c’est un vide subit qui est offert au besoin d’expansion de l’azote et dans lequel il se précipite en tournoyant : c’est une trombe, une tornade, un cyclone. Le mouvement commencé dans les régions élevées de l’atmosphère se propage de haut en bas. Lorsqu’il atteint la surface terrestre, le bouleversement des éléments atmosphériques, qui en résulte, détermine toutes sortes de ravages.
Ainsi donc tout ce qui se passe sur la terre à une cause cosmique ; tout dépend de l’action des astres. C’est dans les profondeurs de l’océan céleste qu’il faut aller chercher la cause de la plus légère brise qui souffle autour de nous. La terre y est étrangère.

ELECTRICITÉ ORGANIQUE
L’atome radiant ne se manifeste pas seulement en formant au sein de l’Univers d’immenses nébuleuses qui deviendront des mondes, ou en roulant ces mondes dans leur orbite, ou en faisant la lumière, et en déterminant mille combinaisons chimiques, il se manifeste encore en faisant apparaître à la surface des astres qu’il a créés, le phénomène le plus extraordinaire, le plus étrange, le plus intéressant pour nous : la vie.
L’atome radiant est le générateur de la substance organisé ; il la produit, il l’entretient, il ne cesse un seul instant de régner dans l’admirable machine vivante qu’il édifie de toutes pièces.
Cette question est de première importance pour les sciences naturelles, philosophiques et sociales. Elle est longuement développée dans l'article intitulé « LA VIE ».
Nous ne faisons ici que constater l’existence de cette force vitale. La compléxité du sujet ne permet pas d’en parler sommairement.

LA LUMIÈRE
La lumière est une des conséquences de l’arrêt du mouvement de propagation de la radiation. Tant que le courant atomique circule, il ne tombe d’aucune manière sous nos sens.
C’est une force, mais une force dont nous n’avons pas conscience, quoiqu’elle détermine toutes les actions dynamiques qui s’accomplissent autour de nous. C’est seulement quand les courants s’arrêtent qu’ils se manifestent de différentes manières.
La lumière est une de ces manifestations. Elle résulte du choc de deux radiations lancées en sens inverse et qui se jettent l’une sur l’autre comme deux trains se rencontrant sur la même voie.
Dans la collision, il y a annulation des deux forces au moment de la rencontre, qui s’opère avec lumière et fracas si les courants sont puissants.
Lorsque, dans une machine électrique, deux courants radiants marchent à la rencontre l’un de l’autre, il apparaît une étincelle au moment du choc des atomes qui les constituent. Diminuez ou augmentez l’intensité des courants, vous diminuez ou vous augmentez la grandeur de l’étincelle.
Or, les courants électriques que forment les radiations solaires frappent la partie de la terre qui regarde le soleil. Ces courants, en arrivant à la surface terrestre, rencontrent d’autres courants venant en sens inverse, soit des courants solaires réfléchis. Au moment de la rencontre il y a choc et apparition d’une étincelle. Mais comme les courants sont faibles, l’étincelle est petite ; on peut même dire qu’elle est infiniment petite. Seulement la petitesse est compensée par le nombre. Il y a une multitude d’étincelles infiniment petites.
C’est la somme totale de ces étincelles qui constitue la lumière du jour.

LA LUMIÈRE NE SE PROPAGE PAS
Tous les traités classiques de physique nous parle de la propagation de la lumière, du temps qu’elle emploie à parcourir l’espace, des différentes théories qui nous expliquent sa transmission : ondulations, vibrations, etc.
Tout cela repose sur une erreur de principe. La lumière ne se propage pas, elle ne met donc pas un temps quelconque à venir d’un point quelconque. Ce qui se transmet, c’est la radiation qui l’engendre ; mais la radiation est obscure, elle ne devient lumière qu’en s’arrêtant et, du moment où elle s’arrête, elle ne circule plus, la lueur reste à la place où elle a fait son apparition. Du reste, l’étincelle qui la produit est fugitive, elle apparaît et disparaît dans un temps très court. Si la lumière du jour dure, tant que nous sommes en face du soleil, c’est parce que les radiations qu’il nous envoie incessamment, renouvellent incessamment les étincelles qui font la lumière du jour ; mais ce ne sont pas les mêmes étincelles qui durent ; elles sont fugitives comme l’éclair, dont elles ne sont qu’une réduction. Ce qui prouve que la lumière ne se transmet pas, c’est que l’espace qui sépare la terre du soleil n’est pas éclairé. La lumière n’illumine pas les régions élevées de l’atmosphère. Les aéronautes qui se sont élevés à la hauteur de sept à huit kilomètres au-dessus du niveau de la terre, après avoir vu, peu à peu, s’éteindre la lumière terrestre, ont vu briller les étoiles comme pendant la nuit la plus obscure, et la terre, qu’ils voyaient sous leurs pieds, leur paraissait brillante de lumière.
Du reste, il nous suffit d’observer la lune pour comprendre que sa lumière est produite sur place et ne résulte pas de rayons propagés du soleil à sa surface, car, si cela était, nous verrions une trainée lumineuse dans le ciel.
Lorsque M. Crookes a fait ses expériences sur la matière radiante, il a constaté que là où les atomes radiants s’arrêtent, il y a phosphorescence. Or, cette phosphorescence est, en petit, ce qu’est la couche lumineuse qui se forme à la surface des planètes qui sont frappées par des courants radiants.
La vitesse de propagation que l’on attribue à la lumière est celle du courant électrique qui l’engendre ; c’est lui qui parcourt l’espace qui sépare les astres incandescents des astres obscurs. Ce n’est pas l’ « essence lumière », puisqu’elle n’existe pas. La lumière est une conséquence, une suite et un résultat d’une série de phénomènes, mais elle n’existe pas en l’absence des causes qui la font naître.
La vieille formule qui la définissait ainsi : « La lumière est un mouvement vibratoire qui s’agite au sein des corps lumineux et se transmet de leur centre à travers l’éther », ne renfermait que des erreurs. La lumière n’est pas un mouvement vibratoire, elle ne se transmet pas, il n’y a pas d’éther.
C’est en étudiant la mesure absolue des grandeurs électriques que l’on est arrivé à trouver la relation qui existe entre la vitesse numérique de l’électricité et celle que l’on avait jusqu’ici attribuée à la lumière, sans savoir qu’en mesurant la prétendue vitesse de la lumière, on mesurait la vitesse du courant qui l’engendre.
Une même grandeur électrique dans les deux systèmes de mesures absolue a montré que la vitesse était d’environ trois cents millions de mètre par seconde, c’est-à-dire égale à la vitesse de la lumière.
M. Wheatstone avait déjà annoncé, avant ses récentes découvertes, que la vitesse de propagation de l’électricité devait être égale à celle de la lumière.

LA LUMIÈRE A UNE COULEUR SPÉCIFIQUE
La couleur de l’étincelle qui apparaît entre deux courants électriques résulte de la nature des atomes radiants qui se sont rencontrés.
La couleur que prennent les éléments actifs au moment où ils se manifestent dans le choc des courants est, probablement, celle qu’ils ont déjà à l’état gazeux. Ainsi le chlore est verdâtre, les vapeurs de l’iode sont gris-violet, le soufre brûle avec une flamme bleue, le sélénium est rouge, le tellure gris, l’oxygène blanc.
La couleur de la lumière qui règne à la surface d’une planète dépend donc de la nature de l’élément qui entretien la combustion du soleil qui éclaire cette planète.
La couleur propre des étoiles indique la nature de leur élément comburant.
Par conséquent, il y a autant de lumières spécifiques qu’il y a d’éléments comburants. Chaque système solaire à la sienne.
Il ne faut pas oublier, cependant, que la couleur de l’étincelle électrique, comme celle d’un foyer en ignition, peut être modifiée par les matières qui brûlent accidentellement dans l’étincelle ou dans la flamme.


LA LUMIÈRE BLANCHE
La lumière blanche règne dans notre système solaire quoique notre soleil soit considéré comme une étoile jaune.
Cependant les radiations lumineuses qui l’entourent, vues au méridien céleste, sont blanches. Lorsqu’il descend sur l’horizon la radiation n’est plus directe, nous la voyons à travers différentes zones colorées qui en altèrent l’éclat ; alors elle nous semble jaune. En descendant toujours, le soleil nous semble rouge. Ce sont là des effets produits par des causes secondaires.
La lumière solaire est blanche ; elle doit sa couleur à la nature de son agent comburant, l’oxygène. La couche lumineuse qui recouvre l’hémisphère diurne de la terre est blanche, blanche comme toutes les lumières électriques produites par une source d’électricité alimentée par la décomposition de substances oxygénées. Un grand nombre d’étoiles brûlent, comme notre soleil, aux dépens d’un élément comburant qui engendre une lumière blanche.
Parmi les étoiles blanches, on cite Alpha de la Lyre, Alpha de l’Aigle, Ki du Taureau, 75 de Pégase. Cette dernière est à la limite de visibilité à l’œil nu. Il en existe bien d’autres, car on évalue à 60% du nombre total des étoiles celles qui donnent une lumière blanche.


LA LUMIÈRE COLORÉE
Mais les soleils de couleur sont encore nombreux.
Beaucoup sont jaunes ; tels Aldébaran, Alpha du Bouvier, 70 d’Ophiucus, etc. On les évalue à 35% du total.
Parmi les étoiles rouges, on a Alpha d’Hercule, T du Bélier, R du Lion, V de la Vierge, Alpha d’Orion.
La proportion des étoiles rouges est d’environ 5%.
Enfin il y en a de vertes et de bleues.
La lumière qu’une partie des étoiles nous envoient est donc une lumière colorée. Disons, plutôt, pour être correcte, que les radiations stellaires produisent à la surface des corps qui les arrêtent des lumières colorées, puisque les atomes qui constituent ces radiations sont de différentes natures.
Il ne faut pas s’étonner d’entendre dire que les atomes franchissent d’aussi formidables distances. Le mouvement est leur essence, l’espace n’est rien pour eux, ils ne sont qu’à la condition d’avoir devant eux un champ à parcourir, puisque l’arrêt leur fait perdre leur état atomique et leur principale propriété : le mouvement.
Du reste, sans le courant radiant qui nous arrive des étoiles, nous ne les verrions pas. C’est un lien qui relie notre œil aux astres qui brillent au fond du ciel.
La lumière serait une idée abstraite, incompréhensible, si le mot lumière n’exprimait l’idée d’une force, d’un mouvement annulé. Or, comme il n’y a pas de force sans une substance de la force, la lumière émane d’une source matérielle, elle est elle-même une substance, puisque les éléments qui la constituent traversent l’espace, circulent et nous arrivent.
Nous ne sommes plus au temps où l’on pouvait dire, comme jadis Descartes : « L’on voit les couleurs et les lumières sans qu’il passe rien de matériel entre les objets et nos yeux. ».
Les différentes couleurs que produisent les radiations stellaires sont celles qui se mélangent, dans notre atmosphère, à la lumière blanche que notre radiation solaire engendre. Elles ne sont visibles que dans des circonstances particulières, l’éclat de la lumière solaire les efface, aussi on ne les aperçoit qu’en atténuant ou en effaçant, par des moyens mécaniques ou chimiques, la lumière solaire.
Les personnes qui ont fait des voyages aériens ont eu occasion de les observer, et on a même dressé une échelle sténochromique donnant les diverses teintes visibles au-dessus des nuages.
Ce sont ces différentes lumières colorées que le prisme nous révèle. Elles ne proviennent nullement de la décomposition de la lumière blanche.

TOUTES LES LUMIÈRES SONT ÉLÉMENTAIRES, AUCUNE NE SE DÉCOMPOSE
La vieille théorie de la lumière blanche unique et se décomposant en 7 couleurs élémentaires est une erreur qu’il faut reléguer avec la théorie de la transmission de la lumière et avec celle de l’attraction.
S’il n’existait qu’une seule lumière blanche se décomposant, les astres dont la lumière est verte ou rouge n’auraient donc qu’une fraction de la lumière totale qui serait notre privilège.
Pourquoi serions-nous doués d’une couleur composée tandis que les autres systèmes n’auraient qu’une couleur élémentaire ?
Evidemment, Newton ne connaissait pas les étoiles colorées quand il a imaginé cela. Il faisait sa loi pour notre petit monde, il faisait de notre soleil le type de tous les soleils. C’est aussi naïf que de supposer la terre le centre de l’Univers et l’homme le but de la création.
Il n’y a pas de raison pour que notre soleil ait été privilégié et possède une lumière complète, tandis que tant d’autres n’auraient eu en partage qu’une lumière élémentaire, c’est-à-dire incomplète.
Que devient la prétendue loi de Newton dans des mondes autour desquels la couleur blanche n’existe pas, dans des mondes éclairés par des soleils verts, rouges, bleus, etc.
Toutes les couleurs sont des couleurs élémentaires manifestant la propriété lumineuse des éléments radiants émis par chaque soleil.
Chaque lumière est une, indivisible. Le blanc est, tout entier, la couleur engendrée par les radiations des soleils blancs, il ne se décompose pas, il ne se divise pas, il est toujours et partout du blanc.
Tout prouve que les différentes lumières viennent de différentes sources :
- Leurs différents degrés de réfrangibilité ;
- L’action chimique que chacune d’elle exerce ;
- Les couleurs invisibles dont la présence se révèle par une action thermique.
- Les différents degrés de vitesse des radiations stellaires qui, en arrivant à la terre, déterminent les lumières colorées.
On savait, longtemps avant Newton, que la lumière blanche du soleil est remplacée par les teintes de l’iris lorsque l’on regarde le ciel à travers un prisme de verre. Sénèque l’avait remarqué, Kepler s’en était occupé, mais personne ne s’était soucié d’en rechercher la cause, pas plus, du reste, qu’on avait pensé à chercher l’origine des couleurs. La chimie n’était pas née : comment aurait-on pu résoudre ces problèmes qui sont tout entiers de son domaine ?
Newton vint, et, avec cet esprit inquiet qui le caractérisa, il voulut trouver toutes les causes ; il remua tous les problèmes et formula des lois que l’ignorance de ses contemporains et celle de leurs descendants accepta facilement et propagea, car elles sont arrivées jusqu’à nous entourées du respect superstitieux que les erreurs savent si bien conquérir.
Newton, ayant imaginé que la lumière solaire était décomposée, voulut la décomposer. Pour opérer cette décomposition, il pratiquait au volet d’une fenêtre qui fermait hermétiquement une chambre, une toute petite ouverture, de façon à ne laisser pénétrer qu’un filet de lumière ; il arrêtait ou déviait ce rayon au moyen d’un prisme, et il voyait alors se produire sur le mur du fond de la chambre, ou sur un écran, une image colorée, le spectre, c’est-à-dire les sept couleurs placées dans leur ordre naturel. Il conclut de là que la lumière du soleil était décomposée.
Etrange conclusion, car on cherche vainement quel rapport il peut exister entre ce phénomène et une décomposition de la lumière du soleil. L’habitude seule nous fait accepter de pareilles déductions.
Si la lumière solaire était décomposable, on devrait pouvoir la décomposer par des moyens chimiques partout où elle existe, puisque chaque rayon coloré possède des propriétés chimiques spéciales que l’on pourrait utiliser pour cela. On devrait, de même, en mêlant les sept couleurs reformer du blanc, cela n’est pas davantage possible. Les sept couleurs, mélangées sur une palette dans des proportions quelconques, ne donnent jamais du blanc.
Quant à la petite expérience qui consiste à faire tourner un disque sur lequel sont peintes les couleurs élémentaires, elle ne prouve pas du tout ce qu’on veut lui faire prouver.
Par le mouvement de rotation, on amène la confusion des couleurs, notre œil alors, qui ne peut plus les distinguer parce que l’impression qu’elles font sur la rétine est trop rapide, ne les voit plus du tout, et, ne les voyant plus du tout, nous voyons du blanc, c’est-à-dire la couleur de la lumière solaire qui est interposée entre le disque et nous. Mais en faisant tourner le disque moins vite, c’est-à-dire en laissant aux couleurs le temps d’arriver à notre œil, l’impression colorée recommence à se produire ; nous recommençons à voir les couleurs. Il n’y a rien de plus dans cette expérience. Elle ne prouve qu’une chose : c’est qu’il faut que l’émission d’une lumière colorée dure un temps déterminé pour qu’elle soit perçue par notre œil.
C’est parce que la lumière solaire efface tout de son éclat que l’on ne peut arriver à voir les autres lumières que lorsqu’elle est atténuée. Sans cela, à quoi bon cette précaution ? Pourquoi ne décomposerait-on pas la lumière solaire dans une chambre claire aussi bien que dans une chambre obscure, si elle était réellement décomposable ?

L’ARC-EN-CIEL
Pendant la longue période de la formation des mondes, les radiations stellaires sont venues apporter à l’amas nébulaire qui préparait une planète leur contingent matériel, en laissant, à l’endroit où elles s’arrêtaient, les atomes qui les constituaient.
Cette action ne cesse pas pendant tout le cours de l’existence d’un astre obscur. Elle dure encore autour de nous. Chaque soleil de l’espace nous envoie des atomes. En frappant la surface terrestre, ils s’y arrêtent. Les uns sont « réfléchis », d’autres passent à l’état gazeux, quelques-uns entrent en combinaison avec d’autres corps, beaucoup sont absorbés par les plantes.
Les atomes qui sont réfléchis sont ceux qui servent à produire le phénomène lumière. Dans leur retour vers l’espace, ils rencontrent d’autres atomes semblables à eux avec lesquels ils entrent en collision. Du choc de ces deux radiations semblables il résulte une étincelle spécifique, une lumière blanche ou colorée.
La position de la terre au milieu des astres qui la régissent est relativement fixe ; il existe entre les radiations stellaires qui lui arrivent des relations constantes, la place que les atomes occupent autour de nous répond à des lois déterminées ; apportés par les radiations, ils se superposent, en s’arrêtant, suivant un ordre régulier, qui répond à différentes causes : la distance, la nature spécifique de l’atome.
Les atomes qui constituent les radiations stellaires forment, en s’arrêtant autour de la terre, une zone multicolore, composée de bandes superposées et diversement colorées.
Comme les radiations sont rythmiques, c’est-à-dire séparées par des lacunes d’autant plus grandes que les rayons sont plus éloignés de leur source, la première zone d’une couleur est séparée de la seconde zone de la même couleur par un espace répondant à l’intervalle qui sépare une radiation d’une autre radiation. Dans ces intervalles viennent se loger les autres éléments également intermittents.
Il en résulte que notre atmosphère est remplie de zones colorées superposées dans un ordre régulier.
Nous ne les voyons pas, parce que la lumière solaire, qui enveloppe toute la nature d’un voile de gaz blanche, empêche de voir les diverses couleurs des autres lumières ; mais lorsque les atomes d’oxygène, qui constituent la radiation solaire, sont arrêtés au passage et distraits de leur destination lumière, les zones colorées de l’atmosphère nous apparaissent. Nous les voyons, par exemple, lorsque la vapeur d’eau condensée dans un nuage arrête le passage de la radiation solaire ; alors nous apercevons une bande composée des lumières stellaires diversement colorées ; c’est l’arc-en-ciel.

LES COLORATIONS ATMOSPHÉRIQUES
L’apparition des différentes lumières colorées qui règnent dans notre atmosphère, a lieu dans d’autres circonstances encore que celles qui font apparaître l’arc-en-ciel. C’est l’éclat de la lumière solaire qui nous empêche de les voir, mais quand cet éclat s’atténue, elles commencent à se montrer.
Lorsque les radiations solaires sont très obliques, lorsqu’elles rasent la terre presque horizontalement, comme cela a lieu à l’aurore et au crépuscule, nous apercevons, dans la partie du ciel opposée au soleil, les diverses colorations des lumières stellaires.
Des voyageurs ont observé dans l’Océan Atlantique, près des côtes du Portugal, des crépuscules pendant lesquels les couleurs du spectre se succédaient avec régularité.
On a remarqué, aussi, que la succession des couleurs est lente dans les régions tempérées et plus rapide vers l’Equateur.
Une circonstance fortuite, bien curieuse, rend visibles les lumières colorées qui règnent dans l’atmosphère, c’est le phénomène connu sous le nom de « Cercle d’Ulloa ».
Lorsqu’un observateur se trouve sur un point élevé, au lever du soleil, de manière à servir d’écran entre les radiations solaires et l’espace qui s’étend vers l’Ouest, il aperçoit (étant donné certaine disposition des nuages) autour de son image réfléchie, un cercle qui n’est pas envahi par la lumière solaire et dans lequel on distingue les lumières colorées.

LES HALLOS
Ce n’est pas seulement autour de la Terre, c’est autour de tous les astres que les radiations stellaires s’arrêtent et produisent, en s’arrêtant, le phénomène lumière.
Mais, si l’astre est incandescent, c’est à une très grande distance de son foyer qu’a lieu l’arrêt des atomes venus des étoiles lointaines.
Lorsque certaines circonstances rendent visibles pour nous ces lumières éloignées, nous voyons autour du soleil les mêmes zones colorées que nous voyons l’arc-en-ciel, ce sont les hallos.
Les couleurs s’y trouvent renversées ; c’est le rouge qui est le plus rapproché du soleil et le violet qui en est le plus éloigné et forme, alors, la couche extérieure de l’arc (1).
(1) « Quand des nuages légers passent devant le soleil ou la lune nous dit Kraemtz, on aperçoit autour de ces astres un ou plusieurs cercles colorés, connus sous le nom de couronne. Dans tous ces cercles, on distingue les couleurs du prisme, le violet étant placé en dedans et le rouge en dehors. Ils sont à égale distance les uns des autres, mais cette distance est variable suivant l’état des nuages et de l’atmosphère. Le diamètre angulaire du premier cercle est ordinairement compris entre 1 et 4 degré. »

L’AZUR CÉLESTE
La lumière résulte de la rencontre et du choc de deux radiations ; mais toute radiation ne devient pas lumière.
Il faut, pour que le phénomène se produise, des circonstances particulières : une direction rectiligne, une certaine intensité.
Lorsque l’intensité n’est pas suffisante, c’est-à-dire lorsque les courants sont faibles, leur rencontre ne se traduit pas par une explosion lumineuse, elle se traduit par une capitulation, c’est-à-dire par une combinaison. Les atomes qui se rencontrent s’unissent, ils forment des molécules. Le mouvement est annulé comme si le choc produisait la lumière. Les radiations qui s’arrêtent et combinent ainsi leurs atomes, donnent naissance à un gaz.
S’il s’agit des atomes d’oxygène, ce produit de la rencontre de deux courants est de l’ozone.
S’il s’agit d’un autre élément actif, le produit est un autre composé spécifique. On a trouvé que le soufre, le chlore, et d’autres, sans doute, avaient leur ozone, c’est-à-dire un composé jouant le même rôle vis-à-vis d’eux que l’ozone par rapport à l’oxygène.
L’ozone est un gaz bleu. Vu en petite quantité, sa couleur n’est peut-être pas apparente, mais à l’état liquide il est bleu. Il règne continuellement dans notre atmosphère et donne au ciel sa couleur azurée. C’est un fond transparent à travers lequel nous voyons tout ce qui est au-delà.
Ainsi, la couleur bleue qu’on attribue aux nébuleuses me semble être celle de l’ozone à travers lequel nous les voyons ; les nébuleuses ne doivent pas avoir de couleur propre puisque ce ne sont que des amas de particules obscures (1).
(1) L’ozone se forme spontanément dans la nature chaque fois que deux radiations se rencontrent dans les conditions voulues, ce qui a lieu plus particulièrement après les orages. C’est alors que l’on remarque l’odeur particulière qui a fait donner à ce composé son nom d’ozone (en grec, je sens).
On obtient aussi l’ozone par des procédés de laboratoire. Par exemple en faisant passer une série d’étincelles à travers de l’oxygène. Et on a remarqué que pour que l’opération réussisse, il est essentiel que les étincelles ne soient pas fortes, mais faibles, continues et diffuses, et s’échappent de plusieurs fils très fins.
L’oxygène qui devient de l’ozone diminue de volume, se condense, en même temps que ses propriétés deviennent plus intenses.

LES TÉNÈBRES
La lumière blanche engendrée par la radiation solaire, les lumières colorées engendrées par les radiations stellaires, l’azur céleste produit par l’ozone, forment un ensemble de couleurs que nous voyons plus ou moins pendant le jour.
Mais, dans l’hémisphère nocturne on ne voit plus rien, tout s’efface, toutes les couleurs disparaissent et « le noir » forme le fond de notre horizon.
Cette couleur noire, qui couvre tout en l’absence des étincelles qui font la lumière, est celle de l’azote qui remplit l’espace.
Partout où nous voyons du noir, dans les raies spectrale, dans les espaces qui séparent les radiations, etc, c’est l’azote universel que nous voyons, puisqu’il est partout où un autre corps n’est pas.

RELATION ENTRE LA LUMIÈRE ET LA CHALEUR
Si la lumière est produite par l’arrêt des radiations, si la chaleur est une dilatation résultant d’une pression supprimée comme nous le verrons dans un autre chapitre, il est évident que lorsque la radiation se transforme en lumière elle cesse d’exercer son action dynamique ; les corps se dilatent, la température s’élève.
Il y a donc solidarité entre le phénomène chaleur et le phénomène lumière. Toute modification d’un rayon lumineux entraîne une modification thermique.
Au moyen d’un prisme de sel gemme, on mesure les différents degrés de chaleur de chaque rayon coloré, c’est-à-dire la pression qui est supprimée lorsqu’il devient lumière. On reçoit les rayons à la sortie du prisme sur une petite pile thermoélectrique très étroite. On la place tour à tour dans chacun des rayons colorés, et l’on observe que la chaleur réfractée augmente du violet au rouge, et même au-delà du rouge, puisque, après le rouge, il existe, en réalité, une zone grise presque toujours invisible pour nous, mais qui se révèle par sa chaleur, plus intense que celle de toutes les autres zones.
Les radiations stellaires exercent donc une action électro-motrice sur la terre comme les radiations solaires, puisque cette action annulée se traduit en chaleur.
Il y a des chaleurs obscures, parce que l’arrêt de la radiation ne se traduit pas toujours en lumière. Nous venons de voir que la radiation solaire se traduit aussi en ozone (1). Mais il y a d’autres circonstances encore où la radiation s’arrête sans produire de lumière ni d’ozone, par exemple lorsqu’elle entre dans une combinaison chimique.
L’action des radiations stellaires, exercées pendant la nuit, reste toujours électro-motrice, elle ne se traduit pas en lumière, comme la radiation solaire le fait pendant le jour ; au lieu de devenir « lumière » elle reste « force ». C’est donc une pression en plus exercée sur la terre : c’est pour cela qu’il fait plus froid la nuit que le jour.
(1) La quantité d’ozone contenue dans l’atmosphère est plus forte en hiver qu’en été, parce que la lumière est moins intense. Quand la radiation devient lumière elle ne devient pas ozone ; il y a une relation en sens inverse.

LA CHALEUR
Le mot chaleur sert à désigner deux ordres d’idées totalement différentes.
Lorsqu’il s’agit du monde inorganique, le mot chaleur indique la dilatation des corps.
Lorsqu’il s’agit du monde organisé, le mot chaleur indique une impression due à un état particulier du système nerveux.
La chaleur organique et la dilatation des corps inorganiques sont des phénomènes différents.

VOLUME DES CORPS INORGANIQUES
Les corps inorganiques se compriment ou se dilatent suivant l’état du milieu qu’ils occupent, c’est-à-dire suivant la place que les corps solides, liquides ou gazeux, qui les entourent, leur laissent.
Fait qui prouve que le vide absolu n’existe pas, car, s’il existait quelque part, il serait immédiatement envahi par les corps environnants, puisque tous les corps de la Nature ont une tendance à se dilater.
Qu’un corps soit placé à la surface terrestre, entre les radiations solaires et stellaires qui constituent l’électricité atmosphérique et les radiations qui constituent l’électricité terrestre, il subira, de tous côtés, une pression qui réduira son volume.
Mais, que les radiations cessent de le frapper, il se dilatera. Donc, la dilatation des corps est en raison inverse des pressions électriques, ou des pressions exercées par d’autres corps comprimés eux-mêmes par les pressions électriques, tel que l’azote atmosphérique.
On a reconnu que le mouvement annulé se traduit en chaleur.
Cela veut dire que le mouvement annulé laisse se produire la dilatation que la pression, exercée pendant le mouvement, empêchait.
C’est pour cela, seulement, que la force électro-motrice peut être définie en calories, et non parce que cette force est génératrice du phénomène chaleur.

ÉTAT THERMIQUE DE L'ATMOSPHÈRE
Les variations périodiques de l’électricité atmosphérique déterminent les variations périodiques de l’état thermique, parce qu’elles déterminent la dilatation ou la compression des gaz atmosphériques.
L’électricité atmosphérique est soumise à des variations diurnes qui sont en relation avec les variations thermiques. Il y a un « maxima » avant 8h00 du matin, en été, vers 10h00, en hiver ; un second « maxima », après 9h00 du soir, en été, vers 18h00 en hiver : ce sont les heures des « minima » thermiques.
Il y a un « minima » vers 3h00 de l’après-midi, en été, vers 13h00 en hiver : c’est l’heure du maxima thermique.
Si nous observons les « maxima » et les « minima » mensuels, nous y trouvons la même relation inverse avec l’état thermique. Ainsi, pendant que l’électricité atmosphérique est plus abondante en hiver qu’en été, dans notre hémisphère, notre température est plus froide en hiver qu’en été.
L’électricité atmosphérique atteint son « maxima » en janvier et son « minima » en juin. Elle est 15 fois plus faible en juin qu’en janvier.
Ce n’est donc pas la proximité ou l’éloignement du soleil qui détermine la chaleur terrestre puisque, en hiver, nous sommes plus rapprochés du soleil qu’en été.
La chaleur atmosphérique est l’effet de la dilatation des éléments au sein desquels nous vivons : l’oxygène, l’azote et les autres gaz qui règnent en petite quantité dans notre atmosphère.
Elle n’est pas due à la propagation plus ou moins rapide de la chaleur solaire. La chaleur n’est pas une substance qui se propage, c’est un état produit à l’endroit où nous la constatons. Ce qui le prouve, c’est qu’entre les endroits les plus chaud de la terre et le soleil, il règne un froid intense que l’on évalue hypothétiquement à 140° et dont nous constatons les premiers effets en nous élevant à la surface terrestre.
Cette augmentation de l’intensité thermique dans les régions basses et dans les couches terrestres ne provient pas du tout du prétendu foyer incandescent qui existerait au centre de la terre.
La formation lente des mondes par la condensation des matières nébulaires nous a prouvé que le centre de la terre est compacte et que les astres obscurs ne sont pas des soleils éteint, mais des soleils futurs.

LA CHALEUR DES CORPS INORGANIQUES N’EST QU’UNE RELATION MOLÉCULAIRE
Les corps inorganiques se dilatent ou se compriment suivant la place qu’ils occupent, mais ils ne sont ni chauds, ni froids.
L’idée que nous rendons par le mot « chaleur » est une impression subjective. L’impression chaleur n’est qu’une relation entre un corps sensible qui touche, la main, par exemple, et l’objet touché.
Supprimez le corps sensible, vous supprimez la chaleur, c’est-à-dire l’impression, il ne reste plus qu’un corps dilaté mains non un corps froid ou chaud.
Les molécules des corps inorganiques sont placées à distance, elles laissent entre elles des espaces que Laplace supposait remplis par un fluide universel : « le calorique ».
Il se trompait, comme, du reste, tous ceux qui considèrent le calorique comme quelque chose existant quelque part. Le calorique n’existe pas en lui-même ; la chaleur n’est que par rapport à l’être organisé qui sent. Si vous supprimez l’homme ou l’animal qui sent, vous supprimez le calorique, puisque vous supprimez l’impression chaleur (1).
Lorsque les molécules des corps inorganiques s’éloignent les unes des autres, les espaces qui règnent entre elles se trouvent immédiatement occupés par l’azote qui existe partout et cherche incessamment des milieux, grands ou petits, où il puisse se dilater afin de reprendre sa densité primitive.
(1) Il y a ici une question du domaine de la philosophie qui semble difficile à comprendre, au premier abord. L’état des corps inorganiques, en dehors de l’impression qu’ils font sur nous, nous échappent complètement, aussi, quand nous parlons de cet état, nous exprimons toujours une idée subjective.

DILATATION
On dit que, « sous l’influence de la chaleur les corps se dilatent ». Cela veut dire que, dans les conditions qui produisent en nous l’impression chaleur, l’état de cohésion qui retient les molécules des corps associées diminue, ce qui annonce qu’une pression en moins s’exerce sur eux.
Les liquides se dilatent plus que les solides parce que leurs molécules sont moins intimement unies les unes aux autres ; les gaz se dilatent plus encore que les liquides, parce que leurs molécules sont déjà situées à distance, ce qui permet à l’azote atmosphérique de se caser entre elles en descendant de haut en bas. C’est ce mouvement descensionnel de l’azote qui fait que les gaz qui se dilatent montent ; ils prennent la place que l’azote abandonne. Du reste, la dilatation des corps se produit toujours de bas en haut. C’est pour cela qu’on dit que les liquides conduisent mal la chaleur ; ils ne la propagent que de bas en haut et non de haut en bas. Si on chauffe par en bas un vase contenant un liquide, toute la masse s’échauffe, si on le chauffe par en haut le bas ne s’échauffe pas.
Les gaz, les liquides et les solides ne sont séparés, entre eux, que par des degrés de dilatation.
Plus les molécules d’un corps sont éloignées les unes des autres, plus l’azote qui remplit tous les interstices laissés libres l’envahit, par conséquent, plus la densité d’un corps est faible, plus la tension de dissociation est forte.
Si les gaz ont une tendance continuelle à l’expansion, si on ne peut les contenir qu’en les comprimant, s’ils sont éminemment fluides et élastiques, et suivent en tous sens les pressions qu’ils reçoivent, c’est parce que l’azote qui s’est infiltrée dans les méats intermoléculaires exerce, au milieu du corps gazeux, la pression qu’il exerce partout où il se trouve pour reprendre sa densité normale. On peut dire que l’adhérence des molécules des corps répond à la même loi que la chute des corps. Si les molécules sont assez rapprochées pour empêcher l’interposition de l’azote entre elles, elles adhérent l’une à l’autre comme la plaque de métal placée sous une surface place sans azote intermédiaire.
Mais si les molécules des corps sont assez éloignées les unes des autres pour que l’azote les sépare, il est impossible qu’elles arrivent à adhérer, à moins d’être soumises à une pression plus forte que celle que l’azote exerce au milieu du composé.

PHÉNOMÈNE CAPILLAIRE
Nous avons montré que, dans les phénomènes capillaires, la pression qui s’exerce de haut en bas et détermine la chute des corps se trouve annulée ou diminuée.
Or, si dans ces conditions, un corps est mis à l’abri de la pression de l’azote et de l’action dynamique des radiations, il ne doit pas subir, comme les autres, la dilatation ou la compression que l’on traduit par le mot « chaleur ».
C’est ainsi que, lorsque l’eau est logée dans des tubes étroits, sa congélation est notablement retardée. Despretz a vu, dans ces conditions, l’eau se maintenir liquide jusqu’à -20°.
Donc, la chaleur des corps inorganiques n’est pas une chose réelle, une idée absolue, elle n’existe pas en elle-même, ce n’est qu’un état de dilatation, dépendant non de l’état thermique environnant, mais de l’action dynamique exercée sur le corps.

PROPAGATION DE LA CHALEUR
Quand un corps se dilate, cela annonce qu’il a subi une dépression. En se dilatant, il donne une impulsion aux corps voisins, lesquels, à leur tour, transmettent cette impulsion aux corps environnants qui les comprimaient ; si bien que la dilatation d’un corps entraîne la dilatation des corps qui l’entourent ; le mouvement propagé décroît plus ou moins vite, puis cesse tout à fait.
Ce n’est pas l’essence chaleur qui se propage, puisqu’elle n’existe pas, c’est la dilatation qui s’étend et qui produit les conditions qui déterminent en nous la chaleur organique.


LE RAYONNEMENT
Quand un foyer échauffe un point situé loin de lui, sans échauffer l’espace intermédiaire, on dit qu’il y a chaleur rayonnante.
Or, dans ce cas, c’est l’atome radiant qui est allé éteindre son mouvement sur une surface quelconque, et comme chaque fois que le travail est arrêté, une pression est supprimée, il en résulte une dilatation qu’on appelle chaleur.
Ce n’est pas la chaleur qui était dans le foyer qui est allée se porter sur une surface éloignée, car alors tout le parcours devrait être échauffé, c’est une nouvelle production du phénomène chaleur effectuée sur place.
Le soleil nous échauffe par rayonnement, c’est-à-dire en nous envoyant des atomes radiants qui s’arrêtent à la surface terrestre.
L’arrêt du mouvement est une pression supprimée qui permet aux corps de se dilater. Un foyer de combustion terrestre nous échauffe de même. Entre la cheminée et moi, l’air qui n’arrête pas les radiations n’est pas chaud, mais si je place ma main sur leur trajet, je les arrête ; j’éprouve alors l’impression chaleur, que leur arrêt détermine ; si j’ôte ma main la chaleur disparaît de cet endroit avec l’obstacle qui la produisait ; l’air est froid, là où un instant auparavant, ma main brulait. En un mot, il faut un obstacle sur le trajet des radiations pour que la chaleur soit.
On dit que la chaleur rayonnante se propage en ligne droite, ce qui veut dire que la radiation qui va la déterminer, en s’arrêtant, se propage en ligne droite.
On dit que la chaleur rayonnante se propage aussi vite que la lumière : l’atome, qui, en s’arrêtant, produit le phénomène chaleur étant le même que celui qui, en choquant un autre atome produit le phénomène lumière, il est évident que la vitesse de propagation est la même.


CHALEUR OBSCURE – CHALEUR LUMINEUSE
Lorsque la radiation devient lumière elle s’arrête ; il en résulte une dilatation des corps environnants : c’est la chaleur lumineuse.
Lorsque la radiation ne devient pas lumière, mais s’arrête en se manifestant d’une autre manière, soit dans une combinaison chimique, soit seulement dans le passage de l’état radiant à l’état gazeux, elle s’arrête aussi et son arrêt détermine, de même, la dilatation des corps environnants : c’est la chaleur obscure.

ABSORPTION
Quand on dit que la chaleur est absorbée, on veut dire, par là, qu’elle ne s’est pas produite, c’est-à-dire que l’atome qui aurait pu la produire, en s’arrêtant, a continué à rayonner à travers le corps qu’il a rencontré.

RÉFLEXION
On dit que la chaleur se réfléchit suivant les mêmes lois que la lumière. Ce qui est exact puisque c’est la même radiation qui produit les deux phénomènes.

LES SOURCES DE LA CHALEUR
Les diverses sources de la chaleur sont :
- Le frottement puisqu’il éloigne mécaniquement les molécules les unes des autres, et, alors permet l’introduction de l’azote entre elles. Dès lors, il y a dilatation, puisque l’azote exerce toujours une pression.
- Le choc, qui agit de même, surtout s’il est produit de haut en bas.
- La compression vive de l’air, qui n’est qu’un choc déguisé.
- Les combinaisons chimiques qui, en formant de nouvelles molécules mettent les atomes, un instant, en liberté, dans l’état naissant, c’est-à-dire l’état « force ». C’est pour cela que l’on a dit : « Lorsqu’une combinaison se produit, il y a toujours dégagement de chaleur et développement d’électricité, quelques fois production de lumière. »
Enfin, l’incandescence, le feu étant le principal générateur de l’état radiant. C’est pour cela que, dans la représentation des quatre états de la matière, les anciens personnifiaient l’état radiant par le feu.
Si le feu est le générateur de l’état radiant, il est le générateur de l’électricité qui va, au loin, porter le mouvement qui comprime ou dilate, puisqu’il exerce sur son passage une action dynamique.
Les effets caloriques de l’électricité sont connus : elle porte les corps au rouge et les enflamme, elle fond et volatilise les métaux.

LES CAUSES DU FROID
Si la chaleur des corps inorganiques n’est qu’une dilatation ; si l’azote qui remplit tous les endroits inoccupés subit encore une compression plus grande par cette dilatation des corps (dilatation que nous appelons chaleur) ; si la réaction de l’azote tend continuellement à lui rendre sa densité primitive en reprenant la place occupée par les autres corps, il est évident que le froid n’est que le résultat de la compression des corps par l’azote environnant, qui réagit sans cesse contre leur tendance à l’expansion.
Donc, si la dépression de la couche atmosphérique est la cause de la chaleur, c’est-à-dire de la dilatation, sa compression, qui renvoie l’azote vers la terre est la cause du froid, c’est-à-dire de la réduction du volume des corps, réduction déterminée par la pression que l’azote leur fait subir quand il subit lui-même une pression. Quand un corps se dilate subitement, il comprime violemment les corps environnants ; il les « refroidit », au point d’amener quelques fois la congélation.
On dit que l’azote absorbe la chaleur. C’est évident puisque la compression qu’il exerce est la cause du froid.
Mais l’expression est mauvaise parce qu’elle peut faire supposer que la chaleur est « quelque chose » qui a été absorbé quand, en réalité, il ne s’agit que d’un changement de distance moléculaire.
Etant données les propriétés particulières de l’azote, les composés dans lesquels il entre ne doivent pas suivre les mêmes lois que les composés des autres corps ; ils ne doivent pas dégager de chaleur au moment de la combinaison, mais, au contraire, en absorber ; ils sont « exothermiques » (chaleur qui s’en va). C’est ce qui arrive lorsque l’oxygène et l’azote se combinent.
Les autres corps sont « endothermiques » (chaleur qui vient).
Si l’hydrogène est le père de la famille négative dont l’azote est un dérivé, il doit suivre la même loi. Nous trouvons, en effet, que les corps explosifs dans lesquels il entre se forment avec absorption de chaleur.
Les corps qui, au contraire, dégagent de la chaleur en se combinant, possèdent une grande énergie chimique. Ce sont les corps actifs qui, à l’état « naissant » ou radiant sont la « force ». Ils exercent cette force sur l’azote environnant et le repoussent. De là, la dilatation, c’est-à-dire la chaleur.

LA CHALEUR ORGANIQUE
La chaleur animale est due à l’action nerveuse, qui est une action radiante, comme celle qui agit dans le monde inorganique. Elle n’est pas due, exclusivement, comme on l’a cru, aux actions chimiques, qui, presque toutes, sont « exothermiques », c’est-à-dire absorbent la chaleur au lieu d’en produire. Poussant à l’exagération cette hypothèse, on a dit que la chaleur animale était presqu’exclusivement due à la formation d’acide carbonique par l’union du carbone à l’oxygène dans les vaisseaux capillaires. C’est inexact, car la même action chimique s’accomplit dans les plantes qui sont privées de la chaleur animale.
La chaleur organique a pour cause l’arrêt des courants nerveux moteur et de ceux des nerfs du grand sympathique. L’action chimique y entre pour une part infiniment petite, si elle n’est pas nulle.
Du reste, elle dépend de l’action nerveuse.
Cette question étant exclusivement du domaine de la physiologie, nous ne nous y arrêterons pas ici.
Disons seulement que ce sont nos sens qui nous donnent la notion de chaleur. Nous disons qu’un corps est chaud ou froid, suivant l’impression qu’il fait sur nos organes, mais cela ne veut pas dire qu’il possède en lui l’essence chaleur ; c’est l’impression organique seule qui crée l’idée de cette essence. Ainsi, lorsque l’on dit que toute combustion produit de la chaleur, cela veut dire que toute combustion met les corps qui nous environnent dans l’état qui fait naître en nous l’impression chaleur.

LA CHIMIE NOUVELLE
CHIMIE COSMIQUE
La première partie de cet article et la suivante ont été consacrées à faire la chimie cosmique.
Cette chimie nouvelle nous a expliqué ce qu'est l'Azote et ce que sont les corps actifs.
Nous savons donc que l'Azote-Ether est la présubstance éternelle et universelle, que sa propriété principale est l'élasticité et qu'elle subit l'action des principes actifs qui la transforment.
En tant qu'Azote, cette substance est sans forme ; après la fécondation astrale, elle en prend une ; elle est sans consistance en tant que gaz, après cette fécondation, elle devient un corps matériel.
Nous savons aussi que le corps actif a le pouvoir de prendre l'état radiant, qu'il est alors doué d'un mouvement propre, que ce sont les corps radiants immatériels qui influencent l'Azote-Ether et transforment cette présubstance universelle en entrant avec elle en combinaison.
Rappelons que l'atome des corps actifs est le facteur d'une force immense qui n'est pas seulement dynamique, mais qui est aussi chimique.
Cet atome-force des corps radiants possède une puissance considérable. Non seulement, il est le facteur de l'électricité qui nous vient du soleil et que nous pouvons produire artificiellement par une source d'oxygène, mais quand ce corps radiant est un principe d'une autre nature que celui que nous verse notre propre soleil, quand il nous vient des étoiles lointaines et exerce une autre action chimique, qui nous est presque toujours nuisible, il constitue une puissance cosmique qui, jusqu'ici, n'a pas été étudiée parce qu'on ignorait qu'elle peut exercer sur la terre une action énergique et produire des ravages terribles.
l'Astrologie, comme disaient les anciens, la science des astres, est donc le premier chapitre de la chimie.
N'est-ce pas la chimie cosmique, en effet, qui nous a appris que les êtres doivent leurs formes à l'action mécanique des radiations ? Qu'ils doivent leur constitution chimique au principe actif qui constitue ces radiations ?
Qui oserait contester que la radiation (une radiation solaire ou stellaire, je ne dis pas laquelle) est le principal aliment de la plante, qu'elle la crée et entretien la vie en elle.
Nous avons vu en faisant l'histoire primitive de la terre, que la radiation n'est pas un mouvement vibratoire ou ondulatoire, mais un transport d'atomes, c'est-à-dire de matières, à l'état naissant ou radiant. Nous avons vu que lorsque la matière radiante rencontre dans sa route un obstacle qui l'arrête, elle passe à l'état gazeux. Or, la terre est entourée de toutes parts d'astres qui lui envoient leurs radiations. Ces radiations, constituées par des atomes de natures diverses s'arrêtent à la surface terrestre et, là, changent d'état. La pression incessante exercée par l'action électro-motrice de toutes ces radiations fait passer incessamment ces matières gazeuses à l'état solide. L'eau, l'oxygène de l'air, avec lesquels se combinent les atomes apportés par les radiations stellaires, forment les divers composés qui constituent la croûte terrestre actuelle.
Comme cette annexion constante de matière, commencée dans le passé de la terre, doit continuer à s'opérer de nos jours, nous devons trouver des traces de ces corps étrangers qui nous arrivent incessamment de l'espace et apportent avec eux des particules inorganiques, des poussières cosmiques.
En effet, nous sommes tous les jours témoins de ce fait sans en comprendre la signification. La matière cosmique qui nous arrive sans cesse se dépose sur toutes les surfaces planes, sur tous les objets qui nous entourent. C'est la poussière que nous enlevons dans nos maisons mais qui s'accumule dans les endroits où on la laisse et qui, après une longue action du temps, arrive à constituer une zone de terre qui devient une couche géologique. On a reconnu dans les poussières atmosphériques apportées par les radiations, à peu près toutes les matières qui forment la masse inorganique de la terre.
Nous savons que la radiation exerce une action lumineuse, une action électro-motrice, une action calorique et une action chimique. Tous ces effets de la radiation sont faciles à constater lorsqu'on les étudie dans la radiation solaire, mais l'étude des radiations stellaires n'a pas encore été entreprise (?) et, cependant, les phénomènes que ces radiations déterminent sont les mêmes, quoique leurs effets sur la surface terrestre, se fassent sentir avec moins d'intensité, puisque les foyers qui les emettent sont situés, dans l'espace, à des distances considérablement plus grandes de nous que le foyer solaire.
Mais si l'action des radiations stellaires est faible, à l'époque actuelle, certaines de ces radiations ont eu, dans le passé terrestre, une action prépondérante. C'est ce que la nouvelle chimie organique nous révèle en nous montrant des groupes organisés créés par des soleils différents de celui qui nous éclaire aujourd'hui. Ce qui le prouve, c'est que le principe actif de ces groupes n'est pas l'oxygène, c'est un autre corps biogène, un de ceux qui, aujourd'hui, ne constituent plus que de faibles radiations stellaires, parce que lesoleil qui les apportait à la terre a fini son stade d'activité et est allé se disperser dans l'espace cosmique sous la forme dernière des astres : la forme cométaire.

SOURCES COSMIQUES DES PRINCIPES ACTIFS ET LEUR DIRECTION VERS LA TERRE (extrait)
Rappelons que les éléments comburants connus sur la terre sont au nombre de huit : l'oxygène, le soufre, le brôme, l'iode, le fluor, le sélénium et le tellure. Ces divers éléments qui agissent sur notre planète proviennent des sources multiples qui occupent, dans l'espace, des points opposés les uns aux autres ; l'équilibre générale exige qu'il en soit ainsi.
Est-il possible de déterminer la place qu'occupent, par rapport à la terre, les foyers qui nous envoient ces éléments ?
Quel moyen emploierons-nous pour reconnaître le corps comburant qui brûle à la surface d'un soleil ? L'énorme distance qui les sépare de nous semble les rendre inaccessibles à toute analyse. Cependant, il y a deux moyens possibles de vérification : l'un certain, l'autre incertain.
Le moyen incertain, c'est l'analyse spectrale de la lumière que les étoiles nous envoient. Si, en effet, cette analyse nous révèlait d'une façon évidente la nature des éléments qui existent à la surface d'un soleil, nous n'aurions pas besoin de recourir à d'autres moyens d'investigation. Celui-là nous suffirait. Mais la découverte des raies du spectre est encore trop peu précise, trop empirique pour que nous puissions nous abandonner aveuglément à ses conclusions.
Donc, tout en nous servant des indications qu'elle peut fournir comme d'un appoint lorsqu'elle viennent confirmer nos prévisions, nous allons cependant chercher nos preuves par un autre moyen, celui que nous appelons certain.
Celui-là est entièrement du domaine de la physique : c'est l'analyse des propriétés physiques des éléments dont nous voulons connaître la source.
Cette analyse nous révèlera infailliblement le degré de puissance que possède chaque élément lorsqu'il arrive à la terre. Ce moyen nous fera connaître également la direction que cet élément a suivi pour nous arriver.
Connaissant ces deux points, la puissance et la direction, il n'y aura plus qu'à examiner la voûte céleste pour y trouver les soleils qui sont la source des éléments comburants qui nous arrivent. Il est même un troisième fait qui peut nous aider ; c'est la couleur. Mais cette preuve ne peut pas toujours être invoquée, d'abord parce que nous ne connaissons pas la couleur de toutes étoiles, ensuite parce qu'il y a plusieurs éléments de la même couleur.
Le soufre et l'oxygène sont deux corps qui s'unissent à l'hydrogène dans les mêmes proportions, ce qui doit nous faire conclure qu'ils agissent sur l'hydrogène dans le même sens, qu'ils lui opposent la même résistance. Il en est de même du sélénium et du tellure. Ces quatre éléments, pour former un hydracide avec l'hydrogène, doivent se trouver dans la proportion de deux contre un, c'est-à-dire deux du métalloïde et un d'hydrogène. Et encore cet hydracide est-il faible.
Les quatre autres éléments, au contraire, le chlore, le brome, le fluor et l'iode se combinent avec l'hydrogène dans la proportion de un contre un, et l'hydracide qu'ils forment est énergique.
Lorsqu'une de ces puissances rencontre dans sa course un courant d'hydrogène, ils s'annulent mutuellement, c'est-à-dire forment un liquide en déployant chacun la même somme de force.
Maintenant, pour assigner une place déterminée à chacun d'eux, pris séparément, il faut avoir recours :
1°) à sa densité de vapeur
2°) à sa température de fusion
3°) à son point d'ébullition
4°) à son équivalent en poids
Ces quatre considérations sont solidaires les unes des autres et dépendent uniquement du degré d'éloignement de la source qui a produit ces éléments. Ainsi, il est bien certain que la densité de vapeur est d'autant plus grande que le corps gazeux est plus près de son foyer. Il est bien évident que sa température de fusion et son point d'ébullition dépendent de la même cause puisque sa somme initiale de chaleur est à sa source. Il est bien évident que son équivalent en poids est la mesure de l'action motrice d'un gaz, son degré de force vibratoire dont l'unité est au foyer d'émission.
Il résulte de cette étude étude que, parmi les éléments diatomiques, l'oxygène est l'élément qui agit le plus fortement, donc qu'il est le plus rapproché, que le soufre vient ensuite, puis le sélénium et enfin le tellure.
Ainsi, la densité de vapeur de l'oxygène est 1.1056 pour nous, habitant de la terre, mais la vapeur d'oxygène mesurée à un autre point de l'espace, sur une autre planète, par exemple, aura un autre degré de densité, par conséquent, un autre équivalent en poids par rapport à l'hydrogène. L'action de ces éléments sur le courant d'hydrogène qui enveloppe le système solaire est inverse du carré de la distance, les plus rapprochés forment des hydracides plus forts, les plus éloignés en forment de plus faibles. Ceux qui sont les plus rapprochés, et par conséquent, s'unissent le plus fortement à l'hydrogène chassent les autres dans les composés. Ainsi, dans un composé d'hydrogène, le fluor chasse le chlore, le chlore chasse le brôme, le brôme chasse l'iode.
L'action de ces éléments sur les métaux terrestressuit la même loi. Mais avec l'oxygène, cette action est inverse parce que ceux dont la source est plus rapprochée sont des puissances qui luttent avec notre soleil presque d'égal à égal. Elles repoussent ses radiations et ne se combinent pas avec elles ou très difficilement. Exemple : les composés oxygénés du chlore. Le brôme déjà moins fort se combine un peu mieux, et enfin l'iode qui vient de bien plus loin, se combine beaucoup mieux.
Règle générale : les corps lancés dans un même sens se combinent difficilement entre eux et, dans tous les cas, leurs composés sont peu stables. Au contraire, les corps lancés en sens inverse se combinent avec choc, explosion, grand dégagement de chaleur, et forment des composés stables. Il en faut moins pour produire plus d'effet. C'est pourquoi le chlore, le brôme, l'iode et le fluor produisent, en s'unissant à l'hydrogène un contre un, des hydracides plus forts que l'oxygène, le souffre, le sélénium et le tellure qui ne peuvent produire un hydracide qu'en se mettant deux contre un, et encore cet hydracide est-il faible.
Le chlore décompose l'acide sulfhydrique parce que le soufre s'est uni à l'hydrogène sans grand déploiement de force. Pour la même raison il décompose l'ammoniac.
L'Azote est entré en combinaison avec l'hydrogène sans participation active, pour ainsi dire inconsciemment. Il s'est laissé prendre, il doit donc facilement se laisser enlever.
Distance et grandeur sont des mots qu'il ne faut pas prendre à la lettre, lorsqu'il s'agit des étoiles. Deux soleils de même grandeur peuvent se trouver à des distances très différentes de nous. L'un peut être très éloigné et très gros, l'autre très rapproché et très petit, et cependant nous paraître égaux.
La puissance compense la distance.
Admettons donc la puissance telle que nous pouvons la mesurer par son action chimique et physique sans chercher à rattacher cette puissance à la proximité ou à la dimension.
Les étoiles de première grandeur sont évidemment celles qui agissent le plus fortement. Si l'action des autres astres se fait sentir sur la terre, c'est d'une façon de plus en plus insensible et qui ne peut être appréciée que dans son ensemble, mais non plus dans ses détails. Nous sommes donc forcés de négliger ces détails, si difficile du reste à apprécier, pour nous attacher uniquement à examiner l'action des astres qui peut être déterminée.

CHIMIE TERRESTRE (extraits)
Descendons sur la Terre.
La chimie cosmique nous a enseigné qu'il y a dans le ciel qui nous environne huit principes actifs.
Or, chacun de ces principes est un Régent cosmique qui dirige toutes les opérations qui se produisent dans son système astral. C'est lui qui joue le grand rôle dans la chimie d'un monde solaire, rôle immense puisqu'il engendre des forces colossales, rôle surprenant puisqu'il génère une atmosphère qu'il a créée lui-même.
Mais ces huit Régents de l'Univers jouent un rôle sur la Terre quoique sept d'entre eux nous viennent des astres éloignés qui règnent dans les profondeurs de l'espace. Leurs radiations subtiles, colorées, entourent la Terre comme sept voiles diaphanes, et y apportent, avec les couleurs qui diversifient la Nature, des actions chimiques intenses.
Sans ces principes colorés, le monde terrestre serait blanc, gris ou noir comme une photographie non coloriée.
Il y a donc lieu d'étudier séparément l'action des huit corps actifs, formant huit grandes divisions dans la chimie générale, puis de les étudier ensuite dans leur rapport entre eux, lesquels amènent des complications innombrables.
Telles les sept notes de la musique qui, par leur combinaison, produisent des multitudes d'airs différents.

LES LOIS DE LA CHIMIE GÉNÉRALE DANS SES HUIT DIVISIONS
Il y a donc à faire huit grandes divisions dans la chimie générale et à montrer que dans ces huit domaines toutes les actions chimiques, physiques et biologiques sont différentes. Chacun des huit rois de l'Univers régit la matière, c'est-à-dire la substance primordiale, suivant ses lois spéciales différentes de celles des royaumes voisins. De là, les complications inextricables de leurs rapports réciproques.
La nouvelle chimie montrera que les composés qui règnent dans les êtres vivants ne peuvent pas arriver à être connus par les lois de l'ancienne chimie qui ignore les lois des transformation de la pré-substance.
L'étude des corps composés est à peine commencée et ne se fera que quand on connaîtra bien les lois que nous formulons.
En montrant que des substances que l'on croyait des corps simples sont le résultat de la modification d'un autre corps, l'Azote, ou le résultat de mutations des corps eux-mêmes, nous arriverons à envisager la chimie biologique sous un aspect tout autre que celui des savants de l'ancien système. Nous voyons dans la vie le facteur originaire des actions qui transforment un corps en un autre corps et cette étude est un point de départ qui nous amène à refaire toutes les lois de la biologie en leur donnant une nouvelle base.

PREMIÈRE DIVISION : LA CHIMIE RÉGIE PAR L'OXYGÈNE (extrait)
Cette première division de la chimie s'occupera des actions de l'oxygène dans l'organique.
Dans cette nouvelle division de la chimie, nous avons à établir la base des lois jusqu'ici inconnues, en un mot, nous avons à mettre de l'ordre dans une science qui n'a été faite que de désordre.

1ère Loi. On s'occupera d'abord de l'oxygene comme principe comburant. On cherchera quels sont les corps qu'il brûle, ceux qu'il fait fondre, ceux qu'il n'altère pas.
C'est la loi de la combustion.

2ème Loi. On s'occupera de l'oxygène comme hydracide, montrant quels sont les corps que l'eau dissout et ceux qu'elle n'altère pas.
C'est la loi de la liquéfaction.

3ème Loi. On étudiera l'action de l'oxygène sur l'Azote, montrant quelle est la vie qu'il génère et comment il l'entretient.
C'est la loi de création.

4ème Loi. On étudiera par quels procédés il fait vivre les corps qu'il a créés, comment il les altère, comment il les multiplie, comment il les détruit, en un mot, toute la biochimie.
C'est la loi des mutations.

5ème Loi. On étudiera la façon dont l'oxygène se combine avec les autres principes actifs de l'Univers et leurs dérivés.
C'est la loi des combinaisons.

6ème Loi. On cherchera ce que ses propres composés organiques deviennent dans la suite, lorsque les corps qu'ils ont animés sont morts et qu'alors ils prennent une forme inorganique.
C'est la loi de minéralisation.

Ces six lois successives constituent l'évolution chimique.

DEUXIÈME DIVISION : LA CHIMIE DU SOUFRE
Les actions chimiques du soufre, cet autre roi de l'Univers, seront étudiées séparément aussi, c'est-à-dire dans une division spéciale.
On déterminera également :
- Son action comburante,
- Son action hydracide,
- Son action vitale,
- Ses combinaisons,
- Son évolution chimique.
Et l'on verra que c'est un domaine tout spécial, que les corps qu'il brûle ne sont pas ceux qui sont incendiés par l'oxygène ;
- Qu'il dissout les corps que l'oxygène ne dissout pas,
- Qu'il génère une vie très spécifique (monocotylédone, oiseaux).
- Que ses combinaisons, c'est-à-dire ses rapports avec les autres corps actifs qui règnent dans l'Univers sont ses actions propres.
Enfin, qu'il a une évolution chimique spéciale et que l'inorganique qui sort de son organique n'a pas de rapport avec l'inorganique qui résulte de l'évolution des produits de l'oxygène.

Après cette deuxième division, on en fera une troisième, étudiant dans les même conditions les actions chimiques du fluor.
Puis une quatrième étudiant les actions chimiques du brôme.
Dans la cinquième on étudiera la chimie du chlore.
Dans la sixième, la chimie de l'iode.
Dans la septième et la huitième, la chimie du tellure et celle du sélénium.


PREMIÈRE LOI : LA LOI DE LA COMBUSTION
Chaque corps actif est un principe comburant qui a la propriété de brûler, donc de détruire certains corps combustibles, mais pas tous. Les corps réfractaires à un comburant constituent ses cendres.
Les cendres entraînées dans l'espace avec les radiations des astres forment dans l'Univers des traînées de matières qui viennent se déposer à la surface des planètes où elles forment des poussières atmosphériques. Nous avons même vu, précédemment, que ce sont ces apports matériels à certains endroits de l'espace, qui, ayant constitué des points de condensation de matières, sont l'origine des nébuleuses.
Le feu, (notre feu) détruit sans exception toutes les matières végétales, c'est là un de ses caractères, mais il ne détruit pas les matières minérales.
Seulement, comme chaque régent cosmique a des propriétés spéciales en vertu desquelles il agit chimiquement d'une façon qui lui est propre, il en résulte que chacun brûle, c'est-à-dire détruit, des combustibles différents.
Ce que l'oxygène ne brûle pas et laisse comme cendres, peut être détruit par le fluor.
Ce que le fluor ne brûle pas peut être détruit par le chlore.
L'éponge ne brûle pas dans l'oxygène, ni dans un feu de houille, pas plus que le bouchon de liège qui est de la même nature, mais brûle probablement dans le chlore.
Nous avons de la peine à nous figurer que des corps que nous connaissons très peu, et qui, dans notre système solaire, ne nous semblent pas être des principes comburants, tels le tellure, le sélénium, le brome, etc... puissent cependant dans des mondes solaires où ils règnent seuls, en souverain, exercer une action aussi puissante que celle de notre Oxygène dans le monde que nous connaissons.
Le mérite de la science, c'est de pouvoir faire comprendre les choses difficiles à concevoir.
Donc, il y a huit genres de combustion (et huit genres d'électricité) qui ont chacune des propriétés distinctes différentes.
Pour qu'une substance brûle, il faut qu'elle contienne elle-même un des huit principes actifs (c'est le plus souvent l'Oxygène). Si elle n'en contient pas, elle fond, elle ne brûle pas. Brûler, c'est se séparer de son corps actif par dissociation.
La combustion est le résultat de l'action d'un corps actif sur un autre corps actif contenu dans un corps quelconque. Et la radiation (électricité ou état naissant) qui émane alors du corps comburé est constituée par le mouvement atomique de son ou ses corps actifs remis en liberté radiante.
Le soleil blanc, dont l'oxygène est le principe comburant, nous apporte, avec ses radiations, des cendres composées de ce qu'il n'attaque pas ; ce résidu, après avoir flotté dans notre atmosphère, se dépose sur la surface terrestre où il forme la terre végétale.
Un soleil rouge nous envoie, comme cendre, ce que le brome ou le sélénium laissent intact.
Donc, chaque étoile envoie dans l'espace ses radiations avec ses principes réfractaires, sous forme de cendres jusqu'au moment où, réduite elle-même à l'état de comète, elle sème, dans l'Univers, ce qui lui reste de cendre et de scorie (1).
Donc, connaissant le pouvoir destructeur de chaque principe, nous pouvons, par l'analyse des cendres, retrouver le principe comburant de chaque soleil. Et, d'autre part, par la couleur d'un soleil on peut arriver à connaitre son élément comburant et les cendres qu'il doit laisser.
Mais comme ce que l'un ne détruit pas, un autre peut le détruire, il en résulte que tous les corps, s'ils trouvent dans l'Univers leur destructeur, peuvent être détruit et rendus à la forme primitive d'où la matière organique est sortie : l'Ether-Azote.
Car n'oublions pas que c'est sous l'influence de la vie seulement que l'Azote se matérialise et forme un colloïde, lequel passe, par la suite, à l'état inorganique et, en dernier lieu, se trouve minéralisé dans les couches géologiques.
Ainsi, voici l'Amiante, cette substance minérale filamenteuse qui est incombustible dans notre atmosphère d'oxygène et infusible, mais dont l'origine végétale est bien évidente, puisqu'elle est filamenteuse comme le seraient des tiges de graminées. Il est bien certain que l'amiante a son comburant qui est probablement le fluor.
(1) On a cherché à étudier la composition chimique de la substance des comètes, mais il faut d'abord savoir qu'il n'y a pas d'identité entre toutes les comètes, mais au contraire, variété de substance.
Ceux qui ont étudié le spectre des comètes ont trouvé, dans la constitution chimique des ces astres en déclin, des transformations qui les ont étonné, des substances qui disparaissent et que d'autres remplacent.

DEUXIÈME LOI : LOI DE LIQUÉFACTION
Chaque corps actif sa manière spéciale de se liquéfier et ses facultés spéciales de dissoudre les autres corps.
L'eau dissout facilement les corps oxygénés, elle ne dissout pas les corps gras et résineux qui ne sont pas oxygénés.
L'alcool, l'éther, les huiles grasses et volatiles dissolvent les corps peu oxygénés.
Le caoutchouc, insoluble dans l'eau, est soluble dans le sulfure de carbone, dans la benzine, le chloroforme.
Le silicium se dissout dans le zinc et le plomb.
Moissan a étudié les combinaisons fournies par le fluor liquide à la température de -200°. Il a constaté que le soufre réagit sur le fluor liquide avec un grand dégagement de carbure et production de flammes bleues. L'affinité du fluor liquide à son point d'ébullition. -187° est encore assez puissante pour enflammer, sans le concours d'aucune énergie étrangère, le soufre, le sélénium, le phosphore, l'arsenic.
L'état d'équilibre créé par les principes actifs est spécial à chacun d'eux comme est spéciale aussi la façon dont les forces externe agissent sur eux ; ils ont chacun leurs rapports de température et leurs rapports de pression.
Déjà, on sait qu'il existe une température variable pour chaque corps, dite critique, au-dessus de laquelle ce corps ne peut exister à l'état liquide ; il passe alors immédiatement à l'état gazeux et y demeure quelle que soit la pression exercée sur lui. Pendant longtemps, beaucoup de gaz n'ont pu être liquéfiés parce qu'on ignorait que l'action de la pression est entièrement nulle si la température du gaz n'a pas été d'abord abaissée au-dessous de son point critique.
La décomposition des principes actifs unis à leur substractum n'est pas celle des corps métalliques.
Gustave Le Bon a dit :
« Prenons un sel quelconque, le chlorure de potassium, par exemple, nous pouvons indéfiniment le broyer, le pulvériser avec les machines les plus puissantes, sans jamais réussir à séparer les molécules dont il se compose. Et pourtant, pour dissocier ces molécules, pour séparer ce qu'on nomme les ions, c'est-à-dire le chlore et le potassium, il suffit, d'après les théorie modernes sur l'électrolyse, de faire dissoudre le corps dans un liquide, de façon que la dissolution soit suffisamment étendue ».

TROISIÈME LOI : LOI DE CRÉATION
L'action fécondante du principe actif sur l'Azote-Ether est le premier degré de l'évolution chimique, le commencement de l'organisation de la matière.
On a dit que la chimie est l'histoire des mutations de la matière. Or, on pourrait dire qu'elle est l'histoire des transformations de l'Azote.
La substance, en quittant le grand réservoir universel et en passant dans le corps vivant qu'elle va édifier, nous révèlepar là ses propriétés fondamentales qui sont d'être alternativement inerte, dans l'état de liberté cosmique, et vivante dans l'état d'organisation.
On étudiera donc l'origine cosmique des substractum que l'on trouve dans les plantes, tels le carbone, le bore, le silicium, le calcium, le potassium, le magnésium, le fer, le manganèse, l'aluminium, le cuivre, le plomb, l'arsenic, le lithium, l'argent, le rubidium, etc.
L'Azote est un gaz éminemment instable, se modifiant, se transformant de façons diverses.
Déjà, Thénard avait observé que l'Azote extrait de l'air par le phosphore ne possède pas les mêmes propriétés que l'Azote extrait par un mélange de soufre, de fer et d'eau.
Une autre observation, c'est que les raies spectrales de l'Azote et du carbone ne sont pas stables, elles varient, suivant la température, croit-on.
M. Deslandes admet que les grandes différences qu'on peut observer dans les spectres de beaucoup de corps, le carbone et l'azote, par exemple, suivant la température à laquelle ils se produisent, sont dus à des états allotropiques de ces corps. (Comptes-rendus de l'académie des sciences, 14 septembre 1903).
Cette étude montrera que des corps qu'on a appelés des gaz nouveaux sont des modifications de l'Azote.

QUATRIÈME LOI : LOI DES MUTATIONS
Le second degré de l'évolution chimique nous montre les composés organiques se formant et se combinant sous l'action de la vie.
Ces composés prennent d'abord une forme plastique, c'est-à-dire colloïdale. De cette première forme sortent des liquides ou des substances qui deviennent fibreuses, marchant vers un autre état de la matière organique. Et ces changements d'état s'accompagnent de modifications chimiques.
La plante qui respire tout, s'incorpore tous les éléments qui règnent dans son atmosphère. dés qu'ils sont en elle, ils commencent leur travail chimique, mettant en jeu leurs forces internes, leurs attractions et leurs répulsions osmotiques, leurs affinités qui séparent ou précipitent les uns sur les autres certains éléments et créent des combinaisons multiples.
La plante respire des corps simples et en fait des composés. Elle respire de l'oxygène et fabrique de l'oxyde de fer. Elle respire du soufre et nous rend des sulfates. Elle respire du chlore et fabrique du chlorure de potassium.
Elle fabrique aussi des corps que l'ancienne chimie considère comme des corps simples, tel le phosphore qui n'est qu'une modification organique de l'ozone.
Cette quatrième Loi s'occupe donc de ce que les végétaux élaborent sous l'influence de la vie.

CINQUIÈME LOI : LOI DE COMBINAISON
La quatrième Loi a étudié comment, sous l'influence de la vie, les composés organiques se forment.
La cinquième Loi va étudier ce que deviennent ces composés hors du corps vivant. C'est toute la chimie inorganique, qui n'est qu'un stade de la chimie générale.
Les substances sont déjà spécifiées, elles constituent des corps désormais inchangeables, mais qui réagissent les uns sur les autres et se combinent entre eux.
En sortant des corps vivants, soit pendant la vie comme déchet inutile à l'entretien du corps, soit après la mort comme abandon total de substances devenues inutiles à la vie disparue, les substances organiques apparaissent d'abord sous des formes intermédiaires, dites métalloïdes (potassium, sodium, calcium, etc...) ou sous des formes dites plus récemment colloïdes (voir les métaux colloïd de Bredig).
Mais ces formes ne sont pas stables, elles sont des étapes de passage qui se modifieront par la suite en subissant l'action des forces extérieures : l'humidité qui agglutine, la pression qui condense, vont de ces matières former des blocs ou des couches plus ou moins rigides qui, étant privées de vie, ne réagiront pas sur les forces extérieures. Ce n'est plus de la substance organique, cela devient de la matière inorganique, mais d'origine organique. Les inorganiques sont des post-organiques.
Et à ce premier stade de l'évolution inorganique, on trouve des matières très mélangées, s'entremêlant dans une confusion pleine d'ordre cependant.
Ainsi la pierre calcaire est composée sur 100 unités, de 44 d'acides carbonique et de 56 de chaux.
La potasse brute est toujours adultérée de carbonate de chaux, phosphate de chaux, albumine, etc... C'est un amalgame de toutes sortes de substances d'où vont naître des complications chimiques.

SIXIÈME LOI : LOI DE MINÉRALISATION
La dernière phase de l'évolution chimique, c'est la minéralisation des composés post-organiques. Les deux lois antérieures nous ont montré les degrés qui conduisent à cette étape dernière.
Seuls les corps fortement cohésionnés sont durs et cet état est dû à ce qu'entre les particules de ces corps, il n'existe ni Ether-Azote (1), ni corps actif libre, toujours susceptible de mouvement, c'est-à-dire de changement d'état. La densité est une conséquence ultime de l'évolution de la matière. La dureté n'est pas à l'origine, elle est à la fin des évolutions. « Dur » vient de « durer ». À l'origine il n'y a que la substance fluide, l'Ether-Azote, et l'atome-force, qui n'est pas une matière "puisqu'il engendre". La matière a des étapes dans les phases diverses de la vie et ses propriétés physiques sont très différentes selon ses états. À l'état colloïdal, elle change totalement de propriétés. C'est un degré.
Les métaux appelés corps simples, ou éléments chimiques, ne sont pas formés d'atomes agglomérés, pas plus que les composés organiques qui ont été leur forme antérieure.
Les molécules organiques sont devenues des particules métalliques toutes semblables à la masse qu'ils forment.
L'organisme est malléable, l'inorganique est rigide ; mais ces deux formes sont également privées des propriétés actives de la vie ; elles subissent les actions extérieures, elles ne les déterminent pas et ne réagissent que par la résistance statique de la matière inerte.
Au stade le plus avancé de l'évolution chimique, nous voyons apparaitre l'éclat métallique qui résulte de la condensation et, en même temps, de la pression de l'Azote qui comprime et des radiations stellaires qui illuminent en s'arrêtant à la surface des corps bruts.
Si ces corps se laissaient traverser, ils n'auraient pas d'éclat puisque les radiations subtiles passeraient outre ; il faut qu'ils soient très denses pour arrêter toutes les radiations à leur surface. Les degrés de l'éclat métallique indiquent le degré de densité des corps. Ainsi l'escarboucle (nom ancien du rubis) brille dans l'obscurité.
Le diamant est le plus brillant de tous.
Les corps dits radioactifs sont doués d'une grande densité ; de là leur petite luminosité spéciale dans l'obscurité.
(1) Des études de physique moléculaire ont conduit à admettre que dans un centimètre cube d'air, les molécules qui le composent n'occupent qu'un tiers de millimètre cube, c'est-à-dire seulement la trois-millième partie du volume total apparent.

ORIGINE DE L'ARGENT ET DE L'OR
Évolution chimique
Une des formes de passage du substractum organique des champignons et la Kérargyre, qu'on appelle aussi « argent corné ». C'est une substance demi-transparente se coupant au couteau comme la cire ou la corne. Elle renferme 75% d'argent.
Les couches anciennes de Kérargyre sont devenues des filons d'argent.
La Kérargyre se trouve en légers enduits à la surface des pierres mélangée à des matières terreuses. C'est à la place même où apparaissaient les champignons qu'elle s'est formée de leur résidu organique. Il en existe une grande quantité au Mexique et au Pérou.

L'ARGENT
L'argent se trouve à l'état natif sous la forme de filaments contournés ou de réseau pénétrant les substances pierreuses qui portaient la Kéragyre. On le trouve quelquefois en masse et en bloc. Il est souvent recouvert d'un enduit noirâtre organique.
D'autre part on l'extrait du chlorure d'argent et de l'argent rouge (combinaison d'argent, de soufre et d'antimoine).
Le chlorure d'argent, ou « argent corné », est une substance molle comme la cire, demi-transparente et de couleur jaune verdâtre ; elle fond à la flamme en dégageant une odeur de chlore. Des mines d'argent se trouvent dans les terrains primitifs et intermédiares, ce qui prouve l'ancienneté de cette famille.
L'argent est soluble dans l'acide nitrique.
Nous devons aussi chercher l'origine de l'argent dans les dépôts des anciens madrépores, qui appartiennent à la même famille chimique.
On a remarqué autour des récifs madréporiques, ainsi que dans les lacs qu'ils renferment des limons blancs et mous que l'on a cru de nature calcaire, analogues à la craie, et qu'on a attribués à la désagrégation des madrépores.
Évidemment l'analyse de ces dépôts a été mal faite et ces limons blancs n'évoluent pas vers la craie mais vers l'argent.
Rappelons qu'on a trouvé de l'aluminium argenté dans les champignons.

L'OR
L'or semble avoir la même origine générique et végétale que l'argent, mais provenir d'une autre modification que celle qui a produit ce métal. En effet, les champignons sont blanc d'argent ou jaune d'or.
MM. Jumelle et Perrier de Bathie ont fait une étude sur la formation micro-organique de certains dépôts aurifères de Madagascar, ce qui prouve bien qu'il faut remonter à la vie pour trouver l'origine première du métal.
Mais c'est dans la mer surtout que l'or abonde, parce que c'est dans la mer que se sont accumulés les produits de décomposition des champignons-méduses, des morilles-éponges et de tant de polypes de tous genres.
Beudant dit à propos des madrépores de l'océan pacifique : « Les polypiers qui concourent le plus à la formation des récifs sont les astrées, qui couvrent parfois un espace immense, les méandrines, les porites, les caryophillées, les aculines, divers madrépores ». (géol.p 92).
M.P. de Wildre a étudié l'or flottant dans les mers, cet or réduit à un état de division extrême dissous, pour ainsi dire, dans le liquide salin et qui s'y trouve en si grande quantité qu'on l'évalue au chiffre formidable de plus de trois millions de milliards.
Cet or fut découvert pour la première fois par Sonstadt qui trouva dans l'eau de mer recueillie sur les côtes de l'île de Man, en Angleterre, environ un grain d'or (60 milligrammes) par tonne de liquide.
En 1894, un professeur de l'Université de Sidney, M.A. Liversidge, démontra que les eaux qui baignent les côtes de la Nouvelle Galles du Sud contenaient de 32 à 34 milligrammes d'or par tonne.
Dés lors on trouva de l'or, en quantité minime, il est vrai, un peu partout.
D'après les calculs faits, on a trouvé que l'or que nous possédons depuis des siècles, ne serait que la cent vingt-sixième partie de celui que renferment les océans.
Il y a longtemps que les alchimistes cherchent à transmuer l'argent en or. La chose est impossible, malgré la prétention de M. Tifferau (1). Mais ce qui est possible, et bien plus facile à faire, c'est de produire de l'argent natif et de l'or natif, en partant des champignons et en faisant suivre toute l'évolution chimique au substractum organique de cette famille.
Comme contribution à cette étude, ajoutons qu'il existe un bismuth argentifère et aurifère.
Daniel Berthelot dit :
« Carey Lea a obtenu en précipitant l'argent de ses sels, des poudres d'aspect divers qu'il regarde comme constituant des variétés allotropiques du métal. Selon lui, outre l'argent normal il existe trois autres formes, ou, plutôt, trois modifications d'une seconde forme, les différences entre les trois formes étant bien moindre que leurs différences avec l'argent normal. »
(1) M. STASSE, chimiste expert des tribunaux à Paris, affirmait qu'à l'aide d'argent, de soleil et d'électricité, l'alchimiste Tiffereau a produit de l'or ayant toutes les qualités physiques et chimiques de l'or natif.

Pour la suite de cette partie consacrée à la chimie, je renvois la lectrice ou le lecteur intéressé(e) vers l'ouvrage d'une Femme plus que remarquable, Madame Céline RENOOZ, intitulé « Les facteurs de la Vie ».

À suivre : LA VIE